On parle beaucoup, de nos jours, de l'autonomie des jeunes, de ces gens de 25 ans forcés de continuer à habiter chez leurs parents faute de ressources suffisantes pour louer un logement, etc. On a de même évoqué la suppression des âges minima pour certaines fonctions électives, voire l'abaissement à 16 ans de la majorité électorale.

J'ai des collègues enseignants-chercheurs qui accueillent des étudiants venant s'inscrire en première année à l'université. Outre le constat que bon nombre d'étudiants viennent s'inscrire dans des filières sans trop savoir pourquoi celle-ci plutôt qu'une autre et quels sont les débouchés, ils assistent trop souvent à la scène suivante : le jeune arrive flanqué de sa mère, ou de ses deux parents, et ne peut placer une parole tellement ses géniteurs s'expriment à sa place. Mes collègues doivent alors, avec politesse, tact, mais fermeté, obtenir des réponses directes du principal intéressé. J'ai moi-même assisté à pareil comportement de la part de la mère d'une jeune étudiante en droit, qui m'a expliqué pendant 10 bonnes minutes les choix d'université et les modules de sa fille, qui n'a pas pu dire un mot.

Je ne sais pas si cela participe de l'infantilisation générale de la société occidentale, où l'on nous rappelle sous chaque publicité de chips qu'il faut faire de l'exercice et éviter de grignoter, et où l'on nous passe des « messages importants » dans les transports en commun, comme nous rappeler qu'il ne faut pas traverser les rails du métro, sans parler des propositions de mettre des enseignements obligatoires sur les dangers de l'alcool et des drogues jusqu'au niveau master.