Un maître de conférence fatigué des mœurs universitaires françaises (maîtres de conférences surchargés en tâches de gestion de l'enseignement (*), etc.). Il demande une disponibilité pour partir chez Google, Mountain View.

Une jeune chercheuse en mathématiques. Refusée au CNRS, elle part en post-doc à Princeton sur une bourse prestigieuse, et est maintenant professeure à Harvard.

(*) Scènes typiques en France : un secrétariat doit rentrer des notes dans le logiciel de gestion de l'université, le professeur envoie une feuille de tableur, mais la secrétaire n'a pas le module d'importation de notes depuis tableur donc retape 200 notes à la main. Ensuite, elle demande au professeur de tout relire. Un secrétariat doit rentrer un emploi du temps, une maître de conférence passe sa journée à surveiller que tout a été correctement rentré. Les collègues passent d'ailleurs un temps considérable à faire des emplois du temps, afin de concilier pénurie d'enseignants, de locaux et contraintes diverses. Un collègue passe son temps à essayer d'obtenir que les salles informatiques dans lesquelles il enseigne soient effectivement utilisables pour l'enseignement en question, ce qui suppose de faire bouger des ingénieurs système incompétents et flemmards. Etc.



Tout fonctionne comme cela, et encore, là je ne cite des deux cas faciles. À Paris 8, la mise en place du logiciel Apogée a conduit au chaos.

PS Ce billet a provoqué des réactions assez marquées, certaines allant, dans l'esprit, jusqu'à dire que puisque je critique le système universitaire français, je n'ai qu'à m'en aller. Cela indique que j'ai appuyé sur un point douloureux et émotionnellement sensible, alors que je ne voulais que relater des anecdotes qui sont arrivées à des collègues et qui me semblent assez représentatives d'une certaine mauvaise organisation.