Le site theses.fr vient d'ouvrir. J'ai voulu voir si l'on y trouvait ma thèse ou mon HDR, présentes sur TEL, le pendant « thèses » de HAL. Non. En revanche, on y trouve une thèse qui cite mon article sur les protocoles cryptographiques publié à SAS en 1999 (c'était mon deuxième article scientifique !), rédigée par M. Eugen Zalinescu (que je ne connais pas) et dirigée par mes collègues Véronique Cortier et Michaël Rusinowitch (que je connais et que je recommande chaudement à ceux qui envisageraient de faire une thèse dans le domaine des protocoles cryptographiques).

En première page du mémoire, on trouve le texte suivant, visiblement inséré par le service des thèses de la bibliothèque universitaire de Nancy :

AVERTISSEMENT Ce document est le fruit d'un long travail approuvé par le jury de soutenance et mis à disposition de l'ensemble de la communauté universitaire élargie. Il est soumis à la propriété intellectuelle de l'auteur. Ceci implique une obligation de citation et de référencement lors de l’utilisation de ce document. Toute contrefaçon, plagiat, reproduction illicite encourt une poursuite pénale.

suivi de références au Code de la propriété intellectuelle.

Je ne peux qu'approuver la lutte contre le plagiat universitaire. J'aurais toutefois une petite réserve concernant l'affirmation que tout plagiat encourt poursuite pénale : en effet, seule la contrefaçon encourt poursuite pénale, or le plagiat intellectuel est plus vaste que celle-ci (on peut plagier une idée en la reprenant à son compte comme si on en était à l'origine, mais, les idées étant de libre parcours et non protégées par le droit d'auteur, cela ne constitue pas une contrefaçon au sens de la loi ; c'est en revanche un manquement par rapport à la déontologie scientifique, avec d'éventuelles conséquences professionnelles : refus de recrutements, suspicions lors de soumissions d'articles pour publication, etc.).

Surtout, j'aurais deux grosses réserves de forme :

  • Je trouve assez lassant, quand je consulte un DVD ou un document que je me suis légalement procuré, de commencer par des avertissements me menaçant de poursuites pénales si j'agissais illicitement. C'est discourtois : c'est comme si un restaurant mettait une affiche en gros caractères avertissant les clients du risque de poursuites s'ils commettent le délit de grivèlerie (= partir sans payer).
  • Dans tous les cas, l'usage de la police COMICS SANS MS tranche franchement avec le caractère sérieux du message.