Je lis dans le Guardian (Air France crash inquiry details pilots' battle for survival, 27 mai 2011) :

At this point the co-pilot was heard saying "we've lost the speeds" and "alternate law", which signals the autopilot has been disengaged.

Un grand nombre de nos concitoyens semblent considérer que les avions modernes se pilotent comme ceux d'il y a 30 ans, à l'époque de la série des Airport : soit l'avion est piloté manuellement, soit il est en « pilote automatique » et se dirige tout seul sur un cap préréglé, vers une altitude désirée etc.

En réalité, les avions de ligne modernes (Airbus à partir de l'A320, Boeing à part du 777...) sont dotés de commandes de vol électriques. Sur un Airbus, le pilote agit sur une sorte de joystick, qui est connecté à des calculateurs, lesquels commandent les gouvernes. En pilotage habituel, même sans pilote automatique pour suivre une trajectoire, l'avion est en « loi normale», c'est à dire que les actions des pilotes sont filtrées par les calculateurs afin d'éviter des manœuvres dangereuses et que les calculateurs peuvent prendre certaines mesures d'urgence. Lorsque les calculateurs ne comprennent plus très bien ce qui se passe, ils passent en « alternate law », où ces protections sont réduites.

Ce qui est arrivé est donc plus grave que la perte du pilote automatique.

(Les curieux pourront par exemple se rapporter au Avionics Handbook, Cary Spitzer ed.)