Je lis dans le journal canadien The Globe and Mail, 17 mai 2011, « With history of sexual slip-ups, Strauss-Kahn arrest raises questions » :

« An author goes on a TV talk show and describes the famous man who, “like a chimp in heat,” tried to assault her. The show’s host isn’t surprised. A female politician tells a newspaper that she makes sure she’s never alone with that famous man. A humorist jokes about the man’s sexual appetite, calling him “the beast.” A book talks about the man visiting a swingers club. “We have photos! They exist,” an aide to French President Nicolas Sarkozy brags. »

On mélange allègrement des faits de différentes natures : des allégations d'agressions sexuelles (délits), des allégations de comportements indésirables, et des allégations de comportement parfaitement licites (fréquentation de club échangiste). Je ne vois pas en quoi la fréquentation de clubs échangistes serait un problème pour assurer des fonctions politiques, du moins tant que l'on n'adopte pas de positions politiques condamnant ce type d'établissement ou, plus généralement, s'attaquant à la sexualité.

Cet article illustre bien la confusion morale ambiante : pour charger un prévenu, pour justifier qu'un homme aurait dû être écarté de la vie politique il y a longtemps, on lève à la fois des accusations d'agressions, et des accusations de transgressions de la morale sexuelle judéo-chrétienne et des convenances qui veulent qu'un politicien se montre souriant avec sa petite famille. Il y a pourtant une différence essentielle : dans un cas il y a victime, dans l'autre cas seulement des adultes consentants.

Relevons également qu'en revanche, la publication de photographies « croustillantes » d'un individu, même responsable politique, dans un club échangiste, relève de l'atteinte à la vie privée. Quel monde, où un responsable politique se vanterait de pouvoir exercer pareilles pressions sur un autre !