C'est en écoutant les étrangers que l'on apprend des choses sur sa société. Ainsi, en lisant Mme Marsden, chroniqueuse nord-américaine très à droite, j'apprends que les employés du secteur public français bénéficient de 35 heures hebdomadaire, 8 semaines de congés payés et 2 heures de pause déjeuner :

Here in France, union workers often brag about how much vacation time they've been able to finagle out of their employers—particularly if that employer is the taxpayer, and the taxpayer is me. Nothing makes me go ballistic faster than listening to some union hack brag over a two-hour lunch, about how he's going to head back to his new 35-hour-a-week job of two weeks and sit there planning his eight weeks' worth of paid vacation on my dime, in between bouts of ruining my days with various strikes and service disruptions.

Il semble que Mme Marsden soit installée à Paris depuis peu. Si elle me lit, j'aimerais qu'elle m'explique quel sorte de travail du secteur public bénéficie de tous ces avantages.

La suite est encore mieux :

Journalists can't even obtain their press cards in France unless they agree to become salaried rather than contracted, and forgo their independent status and right to negotiate independently with media bosses. Journalists who works as "auto-entrepreneurs" (a new independent status introduced by President Sarkozy to encourage economic freedom) or worse, as self-salaried "corporations," negotiating their own contracts, are shunned and rejected by the powerful unions that exercise full control over the awarding of professional press credentials.

Autrement dit, d'après Mme Marsden, on ne peut avoir de carte de presse en France que si l'on est salarié (*). Sans doute, évoluant dans des milieux éthérés de stars du journalisme international, n'a-t-elle jamais rencontré de pigiste.

C'est ainsi que s'informe l'électorat républicain...

(*) Au sens américain, salaried suppose un paiement périodique de salaire (par quinzaine ou par mensualité). Le mot pour le salaire découlant du travail à l'heure ou à la tâche est wage. Un pigiste au sens français a bien plus de rapport avec un « contract worker » au sens américain qu'avec un « salaried worker ».

PS Mrs Marsden enseigne à l'école de journalisme de Sciences Po Paris...