Si j'ai bien compris les explications de Mme Alliot-Marie, celle-ci était en Tunisie à titre privé, comme tout à chacun, y comp !ris agent de l'État, peut le faire.

Je ne peux que compatir avec elle. Les français, contrairement aux travailleurs de pays comme le Japon ou les États-Unis, bénéficient de congés payés assez étendus. Je conçois que Mme Alliot-Marie ait été jalouse de la secrétaire qui, à force d'économies, peut se payer un séjour tout compris en Tunisie, et ait voulu elle aussi jouir du doux climat d'hiver ce de pays. Qu'importe que l'une y aille en charter et l'autre emprunte des jets privés : il ne s'agit rien que moins que de bénéficier d'une conquête sociale. On comprend d'autant mieux la frustration de Mme Alliot-Marie qu'elle a depuis des années enchaîné les postes ministériels — et on aurait voulu qu'elle ne parte jamais se délasser, ou qu'elle se restreigne à la France métropolitaine !

Heureusement, j'ai une solution pour Mme Alliot-Marie. J'ai bien compris sa lassitude des fonctions officielles, le stress qui en découle, le désir de calme. J'ai bien compris qu'il est insupportable, étant ministre depuis si longtemps, de ne pas pouvoir aller prendre un peu de repos en villégiature.

Il lui suffit, tout simplement, de ne plus être ministre.

C'est une solution simple qui pourrait d'ailleurs s'appliquer à d'autres. J'entends tant de responsables politiques se plaindre de la difficulté de leur métier, s'offusquer de ce qu'on prétende surveiller leurs fréquentations, leurs amitiés dans le monde des affaires ou chez les potentats étrangers. Ils ont raison : 4 ans, 6 ans, 10 ans... sans pouvoir rendre visite à ceux dont ils apprécie la compagnie, sous peine de révélations dans le Canard Enchaîné, d'horribles soupçons.

Pour une idée aussi lumineuse, je mérite bien une médaille en chocolat.