Non, je ne m'acharne pas sur les sciences sociales ! :-)

On a coutume d'accuser les scientifiques disons « exacts » ou « durs » de « scientisme » ou de « technicisme ». Serait ainsi emprunt de scientisme ou de technicisme l'attitude du scientifique qui prétendrait résoudre un problème sociétal complexe au moyen de progrès dans son domaine. On a ainsi critiqué comme une forme de technicisme naïf cette idée que la mise à disposition massive de moyens de communication bidirectionnels (Internet) permettrait, comme par magie, plus de démocratie.

De la même façon, on pourrait critiquer pour scientisme l'idée selon laquelle il suffirait de produire un vaccin contre le SIDA pour résoudre les problèmes que cette maladie pose en Afrique. En effet, le fait est qu'on n'arrive déjà pas à assurer là bas un suivi vaccinal correct pour d'autres maladies, et que la propagation du SIDA est liée à un ensemble de croyances et de mœurs. En d'autres termes, il s'agit d'un problème social, politique et économique et non purement médical.

En d'autres termes, le scientiste dit : laissez-nous faire, et nous réglerons les problèmes.

Existerait-il un scientisme de la sociologie ?

J'ai une amie étudiante en sociologie qui, de temps à autre, se lance dans de grands discours sur un certain nombre de choses qu'il faudrait changer dans la société. Revient comme un leitmotiv l'idée selon laquelle des études sociologiques auraient montré qu'il y a tel phénomène, et auraient même indiqué ses racines, mais que comme celles-ci sont trop profondes et que leur remise en cause supposerait de trop grands changements sociaux, on préfère bricoler à la marge et proposer des palliatifs.

Ahem. En effet, la similitude est frappante.