En anglais, l'astroturfing désigne la création d'un mouvement de masse fictif. Il s'agit d'un jeu de mots sur grassroots (« racines d'herbes », ce qui part d'un mouvement populaire), astroturf désignant le faux gazon utilisé pour certains terrains de sport. La pratique n'est pas nouvelle : il y avait jadis la « claque » dans les théâtres, des spectateurs payés pour applaudir ; pratique d'ailleurs non révolue dans les meetings politiques, me dit-on...

Il semble qu'à l'ère des réseaux sociaux, l'astroturfing passe à l'échelle industrielle. Plus besoin de mobiliser des foules, on peut simuler de multiples personnalité depuis son ordinateur, chez soi. Évidemment, cela nécessite une certaine infrastructure si on ne veut pas être détecté par son adresse IP (chaque ordinateur connecté à Internet a une telle adresse, et si des utilisateurs soi-disant différents semblent tous utiliser la même, il y aura des soupçons). Nous apprenons que la société HBGary, consultante en sécurité informatique, devait fournir un système permettant la création de personnalités virtuelles crédibles... à l'US Air Force (il semble également que la même société devait également fournir à la Chambre américaine de commerce des moyens de décrédibiliser des bloggueurs de gauche... charmant !).

Quand je disais que si la CIA voulait vraiment manipuler Wikipédia, ils ne seraient pas niais au point de le faire depuis leur réseau officiel, de façon à être pris par le Wikiscanner !