Je vous rassure, je ne vais pas me prendre pour Eolas. Juste des constats anecdotiques.

Je suis récemment passé au greffe du tribunal administratif de Grenoble, où la greffière réceptionnait une impressionnante pile de papiers. Contestations d'OQTF (ordre de quitter le territoire français, autrement dit : demander à un étranger de déguerpir) et, suite du paquet, contentieux des titres de séjour. J'ignore quel pourcentage du temps des tribunaux administratifs est consacré au contentieux des étrangers, mais en tout cas, on prévient de délais pouvant atteindre 2 ans pour juger les affaires non urgentes.

Il y a quelques années, de passage au tribunal d'instance du 13e arrondissement de Paris pour y faire établir une procuration électorale, j'attendais derrière des personnes venues pour du contentieux de la nationalité.

Lorsque je vais à l'aéroport de Lyon Saint Exupéry (« Satolas »), je passe devant un bâtiment entouré de barbelés. C'est le centre de rétention administrative.

Un doctorant algérien de notre laboratoire, en France muni d'un contrat de travail d'allocataire de recherche depuis le début de sa thèse, devait partir en post-doctorat dans un laboratoire de l'INRIA. On l'a fait attendre 3 mois (sans paye. bien sûr) pour une « enquête de sécurité ». Précisons qu'il ne travaille pas, de près ou de loin, sur des problèmes sensibles, pas plus que son équipe d'accueil.

Au Sénat, on débat de la déchéance de nationalité de certaines catégories de criminels étrangers (loi probablement applicable à 2 personnes par décennie).

Je ne sais pas quoi en déduire, si ce n'est que, peut-être par les efforts de Jean-Marie Le Pen, le sort des résidents étrangers est devenu un sujet majeur en France.