Il y a quelques années, j'ai eu à évaluer une demande de financement pour un projet scientifique. Le détail de celui-ci importe peu ; le point important pour ma petite histoire est qu'il s'agissait notamment de pouvoir faire venir temporairement en France un éminent collègue nord-américain, qu'il fallait donc défrayer en tout ou partie (avion, logement...). Jusque là, rien de bien surprenant : le progrès scientifique se nourrit des échanges ; je suis moi-même invité dans divers pays.

J'ai cependant relevé dans mon rapport ma surprise de constater que, parmi les personnalités que les porteurs de projets citaient comme susceptibles d'évaluer celui-ci, figurait justement l'éminent collègue.

Il peut paraître curieux que ce soient ceux dont le travail ou les projets sont à évaluer qui proposent les experts qui vont procéder à cette évaluation. C'est en fait assez raisonnable : sur des sujets par essence spécialisés, il s'agit d'aider les instances décisionnelles à trouver des experts compétents. Cependant, normalement, on n'indique pas comme expert un des bénéficiaires directs ou indirects du projet !

Je vous laisse tirer la morale de cette histoire, j'ai du travail.

PS : La morale est sans doute que dans un cas comme dans l'autre, il faut faire attention de qui on accepte des trajets en avion.