Le site TF1.fr permet aux lecteurs de déposer des commentaires. Je devrais être habitué, mais je suis toujours impressionné par le niveau ras les pâquerettes et la beaufitude qui y règnent en maîtres. Au mieux, on aura des commentaires « oh la la les pauvres parents, j'espère qu'on va retrouver le criminel » sous les articles évoquant des faits divers, au pire des remarques agressives, toujours les mêmes rengaines : la déliquescence de la société, c'est le laxisme de la justice ; etc.

Bien sûr, chacun a droit à ses opinions. En revanche, en ce qui concerne les faits, la moindre des choses est de se documenter avant d'affirmer. Prenons comme exemple cette intervention fine et subtile :

Un capitaine(ou commandant?) de gendarmerie chercheur au CNRS???Pas étonnant qu'en plus d'un demi-siècle le CNRS( et ses dizaines de milliers de chercheurs) n'ait pas produit un seul prix Nobel.PS:je n'ai rien contre les gendarmes,au contraire ,mais qu'ils fassent leur metier.Ils le font bien

En effet, un officier de gendarmerie ne peut être chercheur au CNRS ; il peut cependant être membre associé d'un laboratoire CNRS étudiant la délinquance, par exemple. Mais prenons l'affirmation selon laquelle le CNRS n'a pas produit un seul prix Nobel en 50 ans. Une petite recherche dans Wikipédia (*) donne, en ne prenant que les prix depuis 1985 :

  • Claude Cohen-Tannoudji, prix Nobel de physique, a été chercheur au CNRS.
  • Luc Montagné, prix Nobel de médecine, a été chercheur au CNRS.
  • Albert Fert, prix Nobel de physique, est directeur d'une unité de recherche CNRS
  • Georges Charpak, prix Nobel de physique, a été chercheur au CNRS
  • Maurice Allais, prix de la Banque de Suède en l'honneur d'Alfred Nobel en économie, a été chercheur au CNRS
  • Jean-Marie Lehn, prix Nobel de chimie, a été chercheur au CNRS

Le prix Nobel arrivant souvent très tard dans la carrière d'un lauréat, il n'est pas surprenant que ces éminents scientifiques n'aient plus été chercheurs CNRS au moment de sa remise. En effet, les places de chercheurs « senior » au CNRS (les « directeurs de recherche ») sont rares, et ont parfois été très rares par le passé, de sorte qu'un jeune scientifique attaché ou chargé de recherche a souvent avantage, pour une carrière plus rapide, à devenir professeur des universités ou autre poste.

Ajoutons qu'en 2007, Joseph Sifakis, directeur de recherche au CNRS, a reçu le prix Turing, le prix international le plus prestigieux en informatique.

C'est là tout le problème de l'idéologie, y compris de l'idéologie anti-intellectuelle : elle se heurte parfois au dur mur de la réalité...

(*) Il est possible qu'il y ait des erreurs dans ces bios, mais cela m'étonnerait qu'elles soient toutes fausses au sujet du CNRS. J'avoue avoir la flemme d'aller chercher dans les carrières des gens qui était leur employeur il y a 30 ans...

PS Encore mieux, une fine analyse politique :

Dans ces pays là il est préférable pour eux et surtout pour nous qu'ils soient gouvernés par des dictateurs ou des monarchies, sinon c'est l'islam et les fanatiques du djihad qui prennent le pouvoir (l'iran et l'irak en sont les meilleurs exemples). Les tunisiens, surtout les femmes, devraient bien réfléchir avant de continuer leur petite révolte.