En cours d'anglais, était-ce en classes préparatoires ou en terminale ?, on nous demandait parfois de commenter des articles de presse. Curieusement, et cette impression est partagée par divers amis qui n'ont pourtant pas étudié dans la même ville, on tombait souvent sur deux sujet : la situation dans les ghettos noirs aux USA, et l'écologie.

L'attitude française de l'époque était volontiers moralisante. L'héritage du Sud esclavagiste puis officiellement raciste n'était pas si loin. Le gouvernement ne s'attaquait pas aux vrais problèmes, préférant une répression qui gonflait les effectifs des prisons. La jeunesse noire des ghettos n'avait aucun espoir : chômage, délinquance, trafic de drogue, prison. Les armes à feu circulaient. Des démagogues proposaient de fausses solutions. Etc. De nos jours, la presse américaine (et, d'après les fuites de WikiLeaks, les diplomates américains) font en somme les mêmes critiques à l'égard de la France.

Il y a une dizaine d'années, la presse américaine s'émouvait du succès du Front National et de ses suggestions en matière d'immigration et de droit des étrangers. Elle expliquait que la France était un pays fermé sur lui-même, tandis que les États-Unis sont un pays d'immigration. Depuis, en Arizona ou ailleurs, les électeurs ont voté pour des politiques restrictives : contrôles d'identité, clôture le long de la frontière... C'est au tour des médias français de se gausser de la xénophobie américaine.

Il y a quelques années, les médias britanniques se moquaient des manifestations d'étudiants et de lycéen ainsi que des blocages d'universités françaises. En effet, les britanniques, nous disait-on, sont travailleurs et politiquement mûrs (ils votent pour un parti avec un programme politique, qui ensuite l'applique, et ils l'assument), tandis que les Français ne perdent aucune occasion pour ne pas travailler et ne pas respecter la loi. Et puis, nous disait-on encore, ces révoltes sont le fait d'une frange plutôt favorisée de la population (ceux qui vont à l'université), accrochée à ses privilèges d'éducation subventionnée. Que voyons-nous maintenant ? Les étudiants britanniques manifestent, y compris la jeunesse dorée.

Quelle arrogance ! Quelle vanité !