Certaines personnes critiquent tout ce qui vient d'Internet au motif qu'il s'agirait d'un système « commercial », par opposition sans doute aux modes de publication et de diffusion sur le papier. On dit également que ce serait un fourre-tout, où l'excellent voisinerait avec le frivole et le médiocre, voire le nuisible.

Je suggère à ces personnes un exercice simple. Prenez les principales maisons d'édition françaises, regardez à qui elles appartiennent, et listez celles qui ne font pas partie d'un groupe industriel travaillant également dans :

  • les nouvelles sportives
  • les magazines à scandale ou « people »
  • les magazines de charme
  • l'armement
  • l'édition pas franchement de qualité (p.ex. pseudosciences)

Il me semble que la seule qui vérifie ces caractéristiques est Le Seuil (et encore, il faudrait sans doute ne pas trop remonter dans l'actionnariat).

On me dira qu'une maison d'édition encyclopédique peut faire partie d'un grand groupe produisant également de l'armement, que la politique éditoriale de l'une n'est pas affectée par les ventes de l'autre. Sans doute ; mais dans ce cas, pourquoi protester contre Internet parce que l'on y trouve aussi bien les manuscrits de Stendhal que les fesses de Lindsay Lohan, mais sur des sites distincts et sans influence l'un sur l'autre ? Pourquoi protester contre Wikipédia car elle consacre des articles à des séries TV aussi bien qu'à Saint John Perse, sachant que les premières n'occupent pas de place au détriment du second ?