On annonce l'introduction de la philosophie en classe de seconde. Mais en fait, si on lit l'article :

les enseignants de philosophie pourront enseigner l'éducation civique, juridique et sociale

ce qui est assez différent.

Il est difficile de savoir ce que sera la réalité des enseignements au vu de simples déclarations passées par la moulinette d'un site d'information comme TF1. Toutefois, une petite remarque : les enseignants de philosophie ne sont pas compétents pour fournir une formation juridique ou sociale...

Surtout, je me demande si tout ceci n'est pas une préparation à la suppression de l'enseignement obligatoire de la philosophie en terminale, du moins hors terminales littéraires, comme on l'a récemment fait pour l'histoire. Il serait difficilement possible de prendre pareille mesure du jour au lendemain, ne serait-ce que parce que l'on aurait des masses de professeurs sans tâches à accomplir, sans parler des protestations selon lesquelles on voudrait former des décérébrés sans conscience politique formatés par des enseignements tournés vers les besoins des entreprises (*).

Aussi, il s'agit tout d'abord de trouver d'autres occupations aux professeurs de philosophie, par exemple en seconde, ou dans des options. Ensuite, on pourra graduellement supprimer la philosophie dans certaines filières (S, par exemple), en expliquant que de toute façon, si les lycéens veulent suivre de la philosophie, il y en a en option, et même ce sera mieux, puisque que ce sera en option dès la seconde. Comme ceci demandera beaucoup moins d'enseignants, on pourra en profiter pour compresser les effectifs.

Bien sûr, je n'attends pas cela d'ici à 2012, mais en cas de réélection, il y a du temps jusqu'à 2017.

NB Je n'ai évidemment pas dit que je souhaitais l'évolution ci-dessus, je dis simplement qu'elle me paraît probable.

(*) En effet, il est bien connu que la capacité de réflexion se forme en terminale en cours de philosophie, et que les cours de mathématique et de physique sont tournés vers les besoins des entreprises.