La presse américaine a coutume d'expliquer que la France a mal intégré ses immigrants et ses minorités religieuses et ethniques, sous-entendu : à l'inverse des États-Unis. C'est ainsi qu'elle explique les émeutes et autres troubles de ces dernières années. On peut sans doute lire dans ce diagnostic un certain esprit de revanche face aux critiques de la gauche et des médias français, qui naguère ironisaient sur les « ghettos » américains et le racisme qui règnerait dans ce pays ; mais que dire sur le fond ?

Je n'ai ni la compétence ni le temps de faire une enquête comparée sur l'intégration des immigrés et des minorités religieuses et ethniques en France et aux États-Unis. Je me limiterai dont à un constat dans mon domaine professionnel.

En France, les laboratoires d'informatique, y compris dans mon domaine d'activité, comprennent un pourcentage significatif de maghrébins, de plusieurs générations. Certains ont atteint des responsabilités élevées dans le système universitaire.

Aux États-Unis, les seuls noirs ou « hispaniques » que j'ai vus dans les laboratoires de recherche sont des agents de nettoyage (*). En revanche, on trouve de nombreux indiens et chinois. Je me rappelle notamment d'une grande conférence à San Diego où le seul noir (en dehors du personnel de service, évidemment) était... un français.

(*) D'ailleurs, jamais vu d'hispaniques et de noirs dans la même équipe.