Les coûts prévisionnels d'ITER étaient sous-estimés, et les états devront apporter une rallonge. ITER, rappelez-vous, c'est ce prototype de réacteur à fusion thermonucléaire qui, en cas de succès, devrait éventuellement permettre la réalisation de centrales nucléaires à hydrogène (enfin, à deutérium et tritium, plus précisément).

Cela ne devrait pas être une surprise : les coûts des grands projets, y compris scientifiques, sont toujours sous évalués. Enfin, je ne connais pas de contre-exemple.

Les sommes engagées semblent colossales : on compte en milliards d'euros. Il faut cependant relativiser : il s'agit d'un projet unique au monde et financé par les principaux pays développés. La fusion thermonucléaire pourrait être un élément important et décisif pour la résolution de nos problèmes énergétiques (elle ne produit pas de CO2 hors construction, fort peu de déchets nucléaires, et ne nécessite pas de minerai dangereux en entrée). Au regard de l'enjeu, les sommes ne sont finalement pas si importantes : combien dépensons-nous d'argent public en activités à l'intérêt et à la productivité douteux?

Un chercheur du domaine me disait récemment que les atermoiements autour d'ITER étaient bien le signe que l'énergie pétrolière est encore bon marché, notamment pour les États-Unis. S'il y avait urgence, on y mettrait les moyens, comme pour le projet Manhattan... Il y a du vrai là dedans.