ITERations
Par David Monniaux le vendredi, juin 4 2010, 09:20 - Recherche scientifique - Lien permanent
Les coûts prévisionnels d'ITER étaient sous-estimés, et les états devront apporter une rallonge. ITER, rappelez-vous, c'est ce prototype de réacteur à fusion thermonucléaire qui, en cas de succès, devrait éventuellement permettre la réalisation de centrales nucléaires à hydrogène (enfin, à deutérium et tritium, plus précisément).
Cela ne devrait pas être une surprise : les coûts des grands projets, y compris scientifiques, sont toujours sous évalués. Enfin, je ne connais pas de contre-exemple.
Les sommes engagées semblent colossales : on compte en milliards d'euros. Il faut cependant relativiser : il s'agit d'un projet unique au monde et financé par les principaux pays développés. La fusion thermonucléaire pourrait être un élément important et décisif pour la résolution de nos problèmes énergétiques (elle ne produit pas de CO2 hors construction, fort peu de déchets nucléaires, et ne nécessite pas de minerai dangereux en entrée). Au regard de l'enjeu, les sommes ne sont finalement pas si importantes : combien dépensons-nous d'argent public en activités à l'intérêt et à la productivité douteux?
Un chercheur du domaine me disait récemment que les atermoiements autour d'ITER étaient bien le signe que l'énergie pétrolière est encore bon marché, notamment pour les États-Unis. S'il y avait urgence, on y mettrait les moyens, comme pour le projet Manhattan... Il y a du vrai là dedans.
Commentaires
Et quels sont les risques de travailler avec du nucléaire? Quand on voit ce qu'il s'est passé à tricastin dernièrement... ça ne donne pas confiance.
Je pense plutôt qu'il faut développer les énergies locales non dangereuses, pour plus d'indépendance des secteurs géographiques, et non une centralisation de ces ressources. Chaque secteur géographique a ses particularités: la mer, le vent, l'eau, le feu(soleil); Autant en profiter.
N: il n'y a pas de réaction en chaîne avec la fusion. Le système est stable tout seul. Il comporte bien moins de risques qu'un réacteur traditionnel.
C'est l'un des principaux avantages du dispositif, non mentionné dans le billet.
Seul problème, il est tout à fait possible (voir probable) qu'on arrive jamais à faire fonctionner le système. Il nécessite d'utiliser des matériaux dont la résistance est hors de portée de tout ce qu'on est capable de fabriquer, pour citer juste l'un des problèmes potentiels.
On parle ici de qlqs 10^9€ par an sur 10 à 20ans et ce à l'échelle de l'europe.
En clair, on parle de cacahuètes. Des petites cacahuètes.
"la mer, le vent, l'eau, le feu(soleil)": Oui mais ça ça ne produit vraiment pas grand chose comparé à une centrale à fusion actuelle.
El Re: Oui il y a des risques aue ça ne marche pas puisque c'est un projet.
Wikipédia donne une très bonne définition : "Un projet est un engagement irréversible de résultat incertain, non reproductible a priori à l’identique, nécessitant le concours et l’intégration d’une grande diversité de contribution, et répondant à un besoin exprimé."
"Il nécessite d'utiliser des matériaux dont la résistance est hors de portée de tout ce qu'on est capable de fabriquer"
Tout comme la finesse de gravure du CPU du PC depuis lequel je te parle était hors de porté des techniques d'il y a 10ans. On n'avait même aucune idée claire sur les techniques qui permettraient de le fabriquer.
Si on essaye jamais, on ne progresse pas.
C'est sur que les énergies dites renouvelables ne produisent pas autant, mais je ne pense pas être trop optimiste en disant qu'en développant des appareils très très très basse consommation, et en réduisant les consommations inutiles d'énergie que nous faisons tous les jours, nous ne pourrions pas arriver à un stade où la production équivaux la consommation.
@N
Ce n'est pas forcément le fait qu'elles ne produisent rien ou pas grand chose, c'est surtout le fait qu'elles produisent de l'électricité, énergie non stockable, de façon assez aléatoire (éolienne), ou a contre-temps (solaire, qui n'est pas actif quand on en a le plus besoin = la nuit, l'hiver).
"mais je ne pense pas être trop optimiste en disant qu'en développant des appareils très très très basse consommation, et en réduisant les consommations inutiles d'énergie que nous faisons tous les jours, nous ne pourrions pas arriver à un stade où la production équivaux la consommation."
Bon courrage.
"très très très basse consommation" on y est déjà dans beaucoup de cas. On ne peut pas avoir un rendement plus grand que celui du cycle thermodynamique idéal mis en jeu.
"produisent de l'électricité, énergie non stockable, de façon assez aléatoire (éolienne), ou a contre-temps"
Oui, c'est le problème. Notre société repose sur la sécurité électrique. Il n'y a qu'à voir ce que donne un blackout de qlqs heures dans une grande ville.
La seule solution viable, c'est la fission (et encore pas la fusion comme on l'a fait maintenant car les réserves d'uranium ne sont pas infinies...mais on connait déjà les solutions) et probablement à plus long terme la fusion. C'est ça ou une décroissance énorme (avec le chaos qui va aller avec...soyons réalistes).
Les déchets nucléaires sont un problème mineur (je le pense vraiment...comparons ça aux grands pbs de l'humanité...ces qlqs déchets ce n'est rien...)
"que l'énergie pétrolière est encore bon marché"... et qu'elle fait gagner bcp d'argent à une certaine aristocratie parasitique...
mais la marée noire aux USA va pt'et rendre les gens un peu moins pétrophiles. on peut rêver.
> Xavier
oui, oui... les écologistes ont systématiquement déchaîné leur hystérie sur des conneries ou des nuisances marginales, c assez remarquable, à croire que cela a été manipulé. Ils n'ont pas vu venir la pollution aux nitrates, aux pesticides, la pénurie d'eau, le réchauffement climatique, etc. Et toujours rien sur la surpopulation. Sauf chez la deep ecology.
Alors, quelques milliers de tonnes de déchets radioactifs, par rapport aux milliARDS de tonnes de déchets chimiques tout aussi dangereux, dans les faits, yapa à hésiter. Surtout qd on voit que la zone de Tchernobyl est en passe de devenir la réserve naturelle la plus prolifique d'Europe!
Enfin, sauf précautions particulières et coûteuses, un kWh d'electricité produite avec du charbon rejette plus de produits radio-actifs qu'avec une centrale nucléaire... sans parler des millons de tonnes de CO2, produits sulfurés et polluants divers.
valerio : Hé oui...c'est un effet bien connu en socio (ça doit meme avoir un nom savant):
Un type lambdq peut faire bruler un bout de chqrbon chez lui. Le meme type lambda n'a aucune idée de la façon dont une centrale nucléaire focntionne. Bon courage pour lui expliquer que E=mc², les neutrons tout ça.
Tout ça, pour le type lambda, c'est "de la science". Ca lui passe au dessus....et quand ça nous passe au dessus:
1) on n'a pas confiance (car on ne peut rien vérifier)
2) certains sont vexés; vexés sans jamais oser le reconnaitre MAIS ils vont crier que c'est de la daube juste pour se venger (sans s'en rendre compte?) du fait qu'ils n'y comprennent rien.