D'après M. Chris Dixon (dont j'ignorais jusqu'à présent l'existence), l'informatique universitaire devrait se transformer en étude des comportements sociaux autour des usages de l'informatique :

Unfortunately, academic computer scientists still seem to model their field after the “hard sciences” instead of what they should modeling it after — social sciences like economics or sociology. As a result, computer scientists spend a lot of time dreaming up new programming languages, operating system architectures, and encryption schemes that, for the most part, sadly, nobody will every use.

Je traduis :

Malheureusement, les informaticiens universitaire prennent encore modèle sur les sciences dures au lieu de prendre modèle sur ce sur quoi ils devraient prendre modèle — les sciences sociales comme l'économie ou la sociologie. Par conséquence, les informaticiens passent beaucoup de temps à rêver à de nouveaux langages de programmation, architectures de systèmes d'exploitation, et systèmes de chiffrement que personne n'utilisera pour la plupart d'entre eux.

Houla. Entre ça et ceux qui nous répètent que l'informatique n'est pas une science, seulement une technique, nous sommes bien.

Tout d'abord, M. Dixon a tort. Il y a des gens qui s'intéressent aux usages sociaux de l'informatique, ou plutôt des objets et services technologiques qu'elle permet de construire.

Ensuite, M. Dixon a une courte vue. Si M. Dixon peut utiliser tous les services en ligne dont il fait la promotion, c'est parce que des gens ont travaillé

  • à la physique des semi-conducteurs
  • à l'algorithmique permettant de construire des systèmes de conception de microprocesseurs
  • à la modélisation des réseaux
  • à l'architecture des systèmes d'exploitation
  • aux langages de programmation (je relève que parmi les concepteurs de Java on retrouve des concepteurs de langage plus académiques, que les « générique » de Java reprennent le polymorphisme qui existe dans certains langages académiques, etc.)
  • à toute l'algorithmique de la machine, matérielle et logicielle.

Si M. Dixon prend l'avion, il peut également remercier tous les gens qui ont travaillé sur des langages de programmation « plus sûrs » ainsi que sur les méthodes formelles de validation de logiciels.

Quant aux inventions des universitaires qui ne serviraient à rien, j'invite Chris Dixon à compter le nombre d'entreprises Internet qui se cassent la figure après avoir lancé un service « trop cool ». La bulle, ça lui dit quelque chose ?

Je ne sais pas lesquels sont les plus puants : les thuriféraires du Web 2.0, leurs « mashups » et leur vent, ou les critiques de l'Internet.