Acte 1: Des américains annoncent un projet, qui est rapidement un succès populaire.

Acte 2: Des intellectuels médiatiques français, d’ailleurs pas forcément très compétents sur le sujet, s’expriment à la radio, à la TV, et dans des livres, pour expliquer que c’est nul (c’est pas bien fait, c’est populiste, ça n’est pas vérifié par des experts, c’est des informaticiens qui gèrent, c’est des américains qui gèrent, etc.). Ils en appellent à la résistance nationale.

Acte 3: Éventuellement on lance un projet national ou européen à grands renforts de tambours et trompettes, mais on ne le finance pas suffisamment et/ou on donne sa direction à des gens n’ayant pas d’expérience industrielle, ou on monte une usine à gaz où l'on passe plus de temps en querelles internes qu'en réalisations. Les projets sont menés pour faire plaisir aux commanditaires politiques (pas forcément très compétents eux aussi) et non pour répondre aux besoins du public. Typiquement, le cahier des charges ressemblera à ce qu'on aurait dû faire il y a 10 ans pour rester dans la course.

Acte 4: Les américains rigolent, car ils prennent les intellectuels médiatiques français (2) pour des gens pas très sérieux et ils savent que de (3) rien de valable ne sortira.

Exemples:

  • Google recherche → Quaero¹
  • Wikipédia → des râleries en boucle et le site contributif de Larousse (voir cet article)
  • Google Maps/Earth → Géoportail
  • Google Books → Européana²

¹ Lisez ce qu’en dit François Bourdoncle, ça remettra quelques pendules à l'heure.
² Lisez ce qu’en dit Alexandre Moatti, c’est décapant.

Au passage, un gâchis monumental, car il y a des trésors à la BNF et dans les bases de l'IGN...

(Repost d'un message laissé chez Pierre Assouline)