Je suis toujours épaté par ces gens qui, dans l'instant, ont une solution à tout. C'est devenu à la mode en politique française : un fait divers, et hop ! On propose des mesures, ou « une loi ». C'est bien connu, en votant une loi, on fait changer la société. Au train frénétique où l'on vote des lois en urgence au Parlement, les choses devraient s'améliorer sans cesse. (Ou pas ?)

Bref, il y a des gens qui, quand on leur tend un micro en leur demandant ce qu'ils comptent faire pour résoudre tel ou tel « grave » problème, ne peuvent s'empêcher de faire des « annonces » de solution. Le phénomène n'est pas restreint à la politique, Wikipédia a un parfait exemple en la personne de Jimmy Wales.

Quand il y a un problème sur Wikipédia, quand un zozo écrit des insanités sur quelque politicien ou journaliste, on tend un micro à Jimmy, celui-ci se tord les mains, dit que c'est intolérable, et annonce des « mesures ». Il paraît que ses conseillers en communication (enfin, ceux de sa société commerciale, Wikia) lui ont dit qu'il fallait faire comme cela.

Les annonces c'est bien gentil, encore faut-il les mettre en œuvre. De là les « rétropédalages » à répétition — par exemple quand on annonce des mesures sans concertation préalable, ni évaluation de leur possibilité technique. Évidemment, après, c'est parfois gênant, quand la mesure annoncée il y a 3 ans (et dont l'annonce a été répétée et déformée par les médias) n'est toujours pas en place.

Il est assez désolant que nos concitoyens semblent se satisfaire de ce culte de la solution immédiate. En quoi est-il si honteux d'admettre que l'on n'a pas de solution à un problème, ou que les remèdes proposés semblent pires que le mal ?

Car, enfin, si un problème est si facile à résoudre qu'il suffit de réfléchir 5 minutes sous le coup de l'émotion pour trouver une solution, il est probable qu'il aurait été résolu depuis longtemps. Les fausses bonnes idées sont nombreuses. Et parfois, le plus sage est de s'accommoder de l'imperfection du monde et de... ne rien faire.