Sans surprise, florilège de réactions:

Juste en faisant une petite recherche sur google(c'est à dire 2 min de recherche) je suis tombe sur un site qui disait comment fabriquer des bombes. Alors au lieu de faire la chasse au gens qui telecharge sur Internet ils devraient deja faire le menage sur la toile. Notamment les fournisseur d accés à internet qui sont responsable de ce qu'ils diffusent.

Ce commentateur ne connaît visiblement pas la Loi sur la confiance dans l'économie numérique, qui justement établit que les fournisseurs d'accès et d'hébergement sont des intermédiaires techniques qui n'ont pas à surveiller leurs contenus et à les censurer. Après on peut, bien sûr, militer contre cette loi. Encore faut-il savoir qu'elle existe.

Ce fait divers m'a interpelé car mon fils a fait des études de chimie à Montpellier et je comprend très bien ce qui à pu se passer.Pour ma part j'ai eu ma dose de stress avec ses petites expériences explosives à la maison. c'est clair que pour manipuler ce genre de produit il faut mieux avoir les idées claires et le geste précis car l'alcool et la poudre n'ont jamais fait bon ménage.Je suis tout à fait d'accord avec " Rem" le protocole pour fabriquer un explosif ne devrait pas être si accessible à tous par le biais du net .

Si le fils de cette dame fait des études de chimie, il a dû se rendre compte que parvenir à obtenir le bon composé est délicat, même dans un laboratoire équipé. Quant à faire de la chimie dans la cuisine et que tout marche, McGyver y arrive, mais c'est un personnage de série télévisée.

Petite anecdote personnelle: il y a une quinzaine d'années, je participais aux Olympiades de Chimie. On nous a fait notamment synthétiser de l'aspirine et du paracétamol. Chacun connaît ces produits comme des poudres blanches. Les produits d'une bonne partie de mes petits camarades avaient des teintes diverses, signalant la présence d'impuretés. Moi, j'avais à force de purification un joli blanc mais très peu de produit. Bref, la synthèse c'est non trivial.

Là encore, ce n'était pas très grave (juste le classement des Olympiades). Dans le cas de manips avec des explosifs, souvent instables ou à précurseurs instables, les erreurs peuvent avoir des conséquences catastrophiques. Bref, ça ne me serait pas venu à l'idée de faire ce genre de manips.

J'ai cru comprendre d'ailleurs qu'un des grands effets négatifs de la consommation d'amphétamines (crystal meth, speed etc.) aux États-Unis est le risque d'accident de chimie amateur (laboratoire de chimie installé dans une cuisine qui explose).

Bref, le bon sens le plus élémentaire dit qu'on ne s'improvise pas préparateur d'explosifs, et qu'on ne fait pas de manip délicate dans une chambre universitaire.

Que suggère-t-on en réponse à cet incident isolé ? La censure d'Internet, y compris par les fournisseurs d'accès. Réfléchissons.

Tout d'abord, même en admettant que ces étudiants jouaient juste à faire des bombes artisanales, rien ne nous dit qu'ils en ont trouvé la recette sur Internet. Les bibliothèques universitaires ont d'amples sections de chimie organique.

Ensuite, est-il opportun de demander aux fournisseurs et hébergeurs de filtrer leurs contenus ? L'expérience montre que les fournisseurs d'accès sont souvent incapables de répondre aux questions concernant le fonctionnement de leur propre infrastructure, faut de personnel qualifié pour répondre aux clients. Je n'ai aucune envie de voir le même genre de pieds-nickelés décider de l'opportunité de censurer tel ou tel manuel de chimie.

PS: Deux ans après les Olympiades, je réussis à convaincre un examinateur de l'École polytechnique que j'étais compétent en chimie en lui parlant de saponification. Il s'agit du procédé de fabrication du savon à partir de matière grasse. Si je ne m'abuse, on peut aussi utiliser ce procédé pour produire des gélifiants plus connus sous le nom de napalm...