Mon voisin de train lisait Le Monde, lequel contenait un supplément sur la bonne ville de Grenoble. J'ai alors vu du coin de l'œil le nom d'une société que je connaissais (PolySpace). Piqué par la curiosité, j'ai obtenu de mon voisin qu'il me cède ce supplément à l'issue de sa lecture.

Je connais la société PolySpace parce qu'elle travaille dans le même domaine que moi ; en quelque sorte, ils mettent en œuvre industriellement des techniques, des algorithmes, que les chercheurs de mon domaine ont conçu, principalement le regretté Alain Deutsch que j'ai eu comme enseignant en DEA. J'ai d'ailleurs par la suite rencontré à plusieurs reprises Alain Deutsch et Daniel Pilaud, jusqu'à récemment le PDG de l'entreprise.

Première surprise : la photographie en haut de l'article, censée, d'après la légende, représenter Daniel Pilaud, représente quelqu'un d'autre. Bon, une erreur d'iconographie, cela peut arriver.

J'ai ensuite parcouru l'article. L'explication de l'utilité de l'outil de PolySpace était pour le moins confuse. Ainsi, l'article expliquait doctement que PolySpace détectait les débordements de tableaux (ce qui est exact), et définissait ce terme en donnant la définition... non pas d'un débordement de tableau, mais d'un dépassement de capacité sur une multiplication. Certes, l'outil PolySpace détecte aussi les dépassements de capacité, mais ce n'est pas la même chose.

Autant dire que tout cela sentait fort le dossier de presse résumé à la hachette et sans rien comprendre au sujet.

Encore une fois, tout ceci ne me dit rien qui vaille au sujet des médias grand public. Si dès que je connais un tant soit peu le sujet je trouve des erreurs grossières, constatation reprise par tous les professionnels que je connais, quel que soit leur domaine (sciences, droit, administration...), puis-je me fier à eux quand ils me parlent de sujets que je ne connais pas ? Par exemple, ne racontent-ils pas n'importe quoi au sujet des tribus afghanes, ou du déficit budgétaire français ?