On peut résumer ses questions en trois catégories :

  1. La demande d'un lieu de publication pour les manuels techniques édités par certaines sociétés ou organisations importantes.
  2. La demande d'une liste complète d'auteurs pour des œuvres collectives.
  3. La demande d'une identification bibliographique précise pour des documents disponibles uniquement en ligne.

J'avoue une certaine perplexité quant à certaines de ces demandes, perplexité motivée par le fait que j'estime que le but d'une bibliographie est de fournir au lecteur un moyen concret de trouver l'information qu'il recherche.

Le premier point me semble être une survivance du passé. Je vois en effet encore des listes de publications qui précisent, par exemple, que Springer est à Berlin, Heidelberg et New-York. Quel intérêt ? Personne ne va chercher l'adresse de courrier papier de Springer dans un annuaire. Si l'on veut se procurer une publication de cette maison, on la commande chez un libraire ou on la visualise directement chez Springer Online. Ce n'est pas comme si Springer était une petite maison d'édition inconnue au bataillon...

Quelle est l'utilité de préciser la ville où se situe le siège social d'Intel pour une documentation de processeur de cette multinationale, ou encore de rappeler que la Free Software Foundation est à Boston en ce qui concerne la documentation de gcc ? Surtout que dans les deux cas, on utilisera généralement une version en ligne (il me semble que la FSF vend des manuels imprimés, et Intel envoyait gratuitement des manuels papiers, mais c'est une procédure assez lourde si on veut simplement consulter un fait précis).

Le second point concerne des documents produits par des collectifs assez nombreux avec une personne prééminente. Faut-il encombrer la bibliographie avec une liste exhaustive de participants ? Quelle est la plus-value pour le lecteur ?

Le troisième point est typique de l'ère Internet. Il y a disons une décennie, les laboratoires produisaient encore des rapports de recherche, c'est-à-dire des documents ne faisant pas l'objet d'une publication dans un compte-rendu de conférence ou une revue, mais mis à disposition de la communauté scientifique. Ces documents pouvaient présenter des travaux intéressants, mais jugés trop peu novateurs ou trop techniques pour une publication en revue, ou encore une version étendue de travaux publiés par ailleurs. Il était de coutume qu'on puisse commander gratuitement par courrier les rapports des autres laboratoires.

Ce système a je crois pratiquement disparu en informatique, tout simplement parce que de nos jours chacun peut mettre ce type de documents sur sa page Web ou dans des archives comme arXiv ou HAL. C'est plus simple à gérer : pas de stocks, pas de reprographie, pas de frais et de délais postaux (surtout à l'international...).

Le problème est que les normes bibliographiques ne prévoient pas forcément que l'on puisse citer un document disponible uniquement en ligne. (*)

Tout ceci est d'autant plus amusant que l'ACM est en train de passer à un système de publication où la version principale est celle en ligne...

(*) Je précise ici que je parle de références bibliographiques dans des publications scientifiques rédigées par des spécialistes à destination d'un public de spécialistes, et non de devoirs d'étudiants de premier cycle universitaire qui reprennent le premier résultat de Google comme parole d'Évangile. Le spécialiste est censé évaluer la qualité de ce qu'il cite sans trop se reposer sur le comité éditorial...