La vie est mal configurée

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Wikipédia

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lundi, février 6 2012

Avis de coquilles

En faisant un peu de biblio, je suis tombé sur une erreur dans la Stanford encyclopedia of philosophy, et une coquille dans un ouvrage sur le théorème de Gödel.

La coquille est assez anecdotique : l'auteur veut expliquer que l'on peut remplacer ∃ξ par ¬∀ξ¬, mais a tapé ¬∃ξ¬ par erreur. Ce n'est guère important : si vous avez lu et compris l'ouvrage jusque là, c'est que vous savez pertinemment ce qu'il voulait dire. J'ai tout de même voulu la signaler à l'auteur, qui prépare la prochaine édition de son ouvrage.

  • Je ne trouve pas son adresse email, notamment parce qu'il est maintenant en retraite et n'a probablement plus son email professionnel.
  • Il a un blog, où il dit de signaler les coquilles sur un email indiqué sur une page inexistante.
  • Son blog refuse mon commentaire en prétextant qu'il est en double.

L'erreur dans la Stanford encyclopedia of Philosophy est un peu plus ennuyeuse. L'auteur, un philosophe, a voulu illustrer son propos par la mention de problèmes NP-complets. Or, le problème qu'il présente sous le nom de problème du voyageur de commerce est en fait le problème du chemin hamiltonien. Ce n'est pas très grave : les deux sont NP-complets et le second est un cas particulier du premier.

(Toutefois, si pareille confusion avait été trouvée sur Wikipédia, par exemple dans un article d'histoire, je ne doute pas que certains en auraient fait toute une affaire.)

J'ai voulu contacter l'auteur de l'article. J'ai fini par trouver une adresse email, dont je ne sais pas si elle est encore d'actualité ; l'auteur ne m'a toujours pas répondu.

La morale de ces histoires ?

  • Les ouvrages de référence peuvent contenir des erreurs (mais ça, on le savait déjà).
  • Même dans des disciplines et des publications « modernes », dont les auteurs utilisent Internet, il est éventuellement difficile de les prévenir d'éventuelles coquilles ou erreurs.
  • On peut donc s'inquiéter de la correction des erreurs dans les publications de disciplines moins tournées vers les moyens de communication moderne. J'ai déjà eu les pires difficultés à trouver les coordonnées où joindre des collègues de sciences humaines (ni page Web, ni email indiqué, ni annuaire...), je n'ai aucune idée de comment joindre un auteur étranger.
  • Quant à joindre les éditeurs... je connais plusieurs exemples d'ouvrages dont les éditeurs, de grosses maisons à pignon sur rue, n'ont visiblement pas pris la peine de faire relire pour les fautes de français (ou d'anglais) ; a fortiori, ils n'ont fort probablement pas fait de relecture scientifique...

vendredi, janvier 20 2012

Recherche bibliographique, Gallica et Knuth

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lundi, janvier 16 2012

Fermeture de Wikipédia en anglais

Jimmy Wales confirme que la Wikipédia en anglais va appliquer mercredi un « black-out » de 24 h pour protester contre le projet de loi SOPA/PIPA et (ai-je bien compris) Protect-IP.

Il affecterait tout les utilisateurs et non seulement les étatsuniens.

PS : L'action fait des vagues en France. Pascal Rogard, directeur général de la SACD (en gros, une société qui perçoit des droits au nom des auteurs de films et de théâtre et les redistribue à ceux-ci, après déduction de frais généraux servant, par exemple, à salarier M. Rogard), écrit sur Twitter à propos d'un article de PCImpact. :

« Je préfère les auteurs artistes producteurs techniciens qui défendent l'Amerique créative aux géants de l'Internet qui les pillent. »

« Un abus de pouvoir de marché . Ceux prétendent mettre en cause une censure sont eux mêmes des censeurs.  »

L'article de PCImpact titre sur l'action de la Wikipédia anglophone, qui a fermé ses portes (tout en expliquant comment contourner la fermeture). J'aimerais que M. Rogard nous explique en quoi Wikipédia, hébergée par une petite structure à but non lucratif, est un « géant de l'Internet » qui pille les créateurs, et en quoi cette action est une « censure ».

samedi, décembre 10 2011

Quelques témoignages en faveur de Wikipédia

Quelques citations récemment lues ou vues :

  • "In my field, Wikipédia is more reliable than the textbooks." Sir Harold Kroto, prix Nobel de chimie 1996, lors d'une conférence le 26 octobre dernier à la Mississippi State University
  • Brian P. Schmidt, astrophysicien, prix Nobel de physique 2011 (son compte utilisateur Wikipédia), a déclaré au sujet de Wikipédia qu'il l'utilisait dans sa recherche et dont son enseignement et que Wikipédia était une des grandes nouveautés de ces dix dernières années (voir vidéo).
  • Thomas J. Sargent, récipiendaire en 2011 du prix d'économie en l'honneur d'Alfred Nobel (voir vidéo)

Je lis parfois ici ou là, j'entends parfois ici ou là que Wikipédia serait unanimement bannie de la communauté universitaire et savante. Il serait intéressant de comprendre les raisons de cette apparente contradiction.

mardi, décembre 6 2011

Brice Couturier, Blandine Kriegel, et Wikipédia

M. Brice Couturier écrit aujourd'hui, à propos de la philosophe Blandine Kriegel :

Et c’est peut-être ce qui vous vaut l’incompréhension et la haine des rédacteurs de Wikipedia. Vous avez lu les horreurs qu’on y lit de vous ? On y reviendra peut-être, même si l’Encyclopédie en ligne ne le mérite guère…

Lisons la biographie Wikipédia en français de ma distinguée camarade Blandine Kriegel. Je n'y lis aucune « horreur » évidente. Quelqu'un pourrait-il m'éclairer ?

J'aurais bien demandé à ma distinguée camarade, mais, pour des raisons que je n'explique pas, elle ne figure pas dans l'annuaire des anciens élèves des écoles normales supérieures de Lyon, Saint-Cloud et Fontenay-aux-Roses.

Mise à jour : M. Couturier explique « qu'une partie des articles mis en ligne par ce biais sont tendancieux et qu'ils sont l'oeuvre d'idéologues plus soucieux de l'écart de chacun par rapport à une "norme politique" ... Du côté du militantisme de gauche : l'article consacré à André Glucksmann : c'est une espèce de réquisitoire digne d'un procès stalinien. "Un "révolté" de mai 68, "converti à l'atlantisme" et qui a évolué, en donnant sa voix à Nicolas Sarkozy vers le "néo-conservatisme"... "Les carrières et trahions des repentis", etc. ».

Autrement dit, les carrières de plusieurs philosophes ou « intellectuels » contemporains sont décrites uniquement au travers du prisme de leur évolution politique de la gauche vers la droite. M. Couturier ne nie pas les faits, il trouve simplement que ces biographies mettent trop l'accident sur ces évolutions politiques et pas assez sur leur pensée.

La vérité est donc, probablement, que la politique intéresse plus ceux qui écrivent sur Wikipédia que la philosophie développée par les personnes citées. Ceci reflète d'ailleurs les préoccupations de la société, et la façon dont ces personnes mènent carrière : qui connaît pour sa philosophie mon éminent collègue et camarade Alain Finkielkraut, en comparaison de ceux qui le connaissent pour ses déclarations sur la société française, l'immigration, l'éducation ou autre sujet de l'actualité politique ?

jeudi, novembre 3 2011

Endive (ou : Wikipédia ne s'est pas pris de cocktail Molotov)

Le récent attentat contre les locaux de l'hebdomadaire Charlie Hebdo me rappelle l'anecdote suivante, remontant à plusieurs années déjà.

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mercredi, octobre 26 2011

Roger-Pol Droit, Wikileaks et Wikipédia

Roger-Pol Droit écrit :

Dangereuse transparence « L'époque veut tout savoir, tout le temps, sur tous les sujets. De WikiLeaks en Wikipédia, de blogs en tweets, rien ne doit échapper. Ni les comptes rendus des diplomates ni les comptes des entreprises. »

Wikipédia, contrairement à Wikileaks, ne publie pas d'informations originales, ne se livre pas au journalisme d'investigation ; elle se contente de reprendre des informations publiées ailleurs, en mentionnant des sources. Je ne vois donc pas très bien comment elle s'est retrouvée dans cette liste.

jeudi, octobre 13 2011

Articles sur Internet et Wikipédia dans La revue civique

À lire. Pas le temps de réagir.

mardi, octobre 11 2011

En verve

Je viens d'être interviewé par téléphone par une étudiant de Sciences-Po, qui m'interrogeait notamment sur mon affirmation que Wikipédia s'adresse à un public capable d'esprit critique, ce en quoi elle voyait un certain danger car de nombreuses personnes n'ont pas cet esprit critique. Je lui ai tenu à peu près ce langage :

Si je vous ai bien compris, vous affirmez qu'une grande partie de la population n'a pas d'esprit critique. Nous sommes au milieu de la primaire socialiste, et l'an prochain il y aura la présidentielle. Si la population n'a pas d'esprit critique, cela veut dire qu'elle se décide à ces échéances importantes sur la base de petites phrases, mensonges et sophismes pris aveuglément. Vous vous rendez compte du désastre informationnel ? C'est très grave, et cela dépasse largement des problèmes de devoirs recopiés sur Wikipédia. ... Justement, un des intérêts de Wikipédia est le développement de cet esprit critique.

lundi, octobre 10 2011

Bruno Latour et la neutralité de point de vue

Dans La Recherche d'octobre 2011 est publié un entretien avec Bruno Latour, qui décrit ses programmes de recherche sur des outils permettant de décrire des controverses scientifiques. Il défend notamment la nécessité de recourir à une « objectivité de deuxième rang », qu'il oppose à une objectivité de premier rang ainsi définie :

« Le premier rang, péché mignon des élèves de l'École des Mines, est de dire : je regarde une controverse, j'examine les positions, je choisis celle qui me paraît la meilleure et je la soutiens auprès de ma hiérarchie. »

Autrement dit, l'objectivité de premier rang consiste à désigner une unique vérité, une unique bonne solution, et ce y compris dans des domaines non figés où il existe une controverse. À l'opposé, selon Bruno Latour, « l'objectivité de second rang est de présenter l'ensemble des positions. ».

L'objectivité de second rang telle que définie par Latour me semble identique à la « neutralité de point de vue » qui régit Wikipédia. La politique éditoriale de Wikipédia consiste en effet, sur un sujet donné, à ne pas favoriser un unique point de vue « officiel », mais à répertorier l'ensemble des points de vue notables sur ce sujet, ainsi, et cela est très important, de qui les tient : autrement dit il s'agit non seulement de résumer ce qui se dit sur ce sujet, mais aussi d'où les gens parlent. Autrement dit, faute de pouvoir dire objectivement qui a raison ou qui a tort, on s'attache à décrire la controverse le plus objectivement possible. (*)

Or, cette « neutralité de point de vue » de Wikipédia a été abondamment critiquée dans les médias grand public. On l'a décrite comme « une minute pour Churchill, une minute pour Hitler », comme un renoncement à l'objectivité, voire comme un signe que la jeunesse n'a plus la même notion de vérité, ou de respect pour celle-ci, que les génération antérieures. Pareilles critiques peuvent bien sûr faire sourire, de la part de médias dont la couverture du fait politique se focalise sur les querelles de personnes et répugne à aborder les faits ; plus significatif encore est le fait qu'elles dénotent chez ceux qui les tiennent une vision que Bruno Latour décrit comme naïve.

Ainsi, certains ont compris la « neutralité de point de vue » comme la défense d'un point de vue « moyen » : par exemple, sur l'économie, on prendrait l'ensemble des points de vue de gauche et de droite, et on défendrait une sorte de position barycentrique, voire centriste, comme la vérité. Ce n'est pourtant pas ce que Wikipédia appelle « neutralité de point de vue ». La « neutralité de point de vue » a été également critiquée comme mettant sur un pied d'égalité les opinions tenues par des experts et celles tenues par des amateurs, voire par des groupes de pression manipulés. Pareille interprétation ignore l'obligation, pour chaque point de vue, de décrire qui le tient. C'est d'ailleurs ce qui mécontente les tenants de certaines théories, par exemple du créationnisme : Wikipédia pointe que celles-ci sont soutenues par une minorité orientée politiquement et religieusement, sans soutiens parmi la masse des scientifiques internationaux.

Gageons que nul n'osera qualifier Bruno Latour de danger pour la jeunesse, comme on l'a parfois fait à l'égard de Wikipédia. M. Latour a pignon sur rue dans le monde philo-socio-journalistique, et on lui accorde trois pages dans La Recherche pour expliquer ses théories, là où l'on exige deux lignes du wikipédien... (**)

(*) Restent bien sûr des problèmes quand les parties en présence ne s'accordent pas sur leur propre description...

(**) Peut-être est-il significatif qu'une bonne partie des journalistes qui ont traité de la question de Wikipédia n'ont, semble-t-il, aucune formation scientifique, et une vision épistémologique assez naïve, réduisant tout à l'opposition binaire « vérité » contre « erreur ».

J'ai par exemple le souvenir d'une interview par un « grand reporter » (dixit sa carte de visite), dont une recherche Web m'a appris qu'il s'était notamment illustré dans la recherche « fouille-m... » dans la vie du juge Burgaud... Que penser également de personnes qui parlent de danger pour les étudiants et les thèses, alors qu'elles ignorent visiblement les exigences pour l'obtention d'un doctorat ?

mercredi, octobre 5 2011

La Wikipédia en italien fermée pour protester contre un projet de loi

La Wikipédia en italien est fermée pour protester contre un projet de loi qui permettrait (je ne parle pas italien, donc sous ŕeserves) à toute personne d'exiger de tout site Web publiant des informations à son sujet de publier une version corrigée sous 48h, sans intervention d'un juge. La Repubblica a un article sur le sujet.

De nombreuses personnes sont mécontentes de leur page Wikipédia, certaines pour de bonnes raisons, d'autres pour des raisons moins avouables : telle personnalité politique voudrait faire oublier des « affaires » ou des prises de positions malheureuses, tel artiste voudrait ne faire apparaître que les critiques positives et faire oublier ses « fours », etc. À lire les demandes de certains, on ne devrait avoir le droit de publier que des hagiographies validées par la personne concernée. Il en est de même de certaines entreprises, qui semblent estimer que l'ensemble des articles publiés à leur sujet devrait être validé par leur service communication. Manifestement, pour certaines personnes, toute appréciation critique ou toute mention de faits négatifs relève de la « diffamation ». S'il en était ainsi, on ne pourrait guère écrire : sans la liberté de blâmer, il n'est pas d'éloge flatteur.

Heureusement, le droit français ne permet d'exiger directement le retrait d'un contenu en ligne que s'il est « manifestement illicite » : par exemple, des photographies pornographiques avec des enfants. En cas de refus, il faut sinon passer par l'appréciation d'un juge. Il existe par ailleurs un « droit de réponse », mais celui-ci est assez strictement encadré afin d'éviter des demandes abusives.

Dans les affaires de liberté d'expression sur Internet, j'ai toujours défendu l'idée que seule une autorité judiciaire indépendante doit pouvoir ordonner le retrait ou le blocage de contenus. Loin de défendre la liberté de diffamer, je suis au contraire en faveur de procédures rapides et dissuasives à l'encontre de ceux qui, par malice, accusent d'autres des délits imaginaires, ou toutes autres imputations du même genre. Il me semble d'ailleurs qu'il faudrait faire la différence entre d'une part des personnalités publiques, ayant accès aux médias et disposant de moyens de défense, et les simples particuliers victimes de cabales.

En revanche, je suis opposé à toute procédure qui remplace l'appréciation du juge par celle du personnel de l'hébergeur Internet, ou d'une autorité administrative. L'hébergeur ne voudra pas prendre de risque et censurera tout ce qui semble mécontenter une personne influente (sans parler du fait que le personnel de hotline des FAI et hébergeurs n'est pas réputé pour sa finesse légale et culturelle). L'autorité administrative voudra prouver son utilité en faisant du chiffre, comme l'Internet Watch Foundation britannique.

Bien sûr, la situation de la Wikipédia en italien est particulière : c'est un site participatif dont l'écrasante majorité des participants proviennent d'un seul pays (la suisse italienne, Saint Marin et les italophones d'ailleurs ne pesant pas lourd) ; il serait plus difficile d'obtenir pareille décision sur la Wikipédia en français (les québécois se fichent bien du droit français) ou, pire, en anglais. Pour autant, la décision des wikipédiens italiens est-elle un coup de semonce, annonciateur de campagnes de grands sites Web contre des législations néfastes ?

En attendant, j'attends des informations factuelles sur ce projet de loi, de préférence par des gens lisant l'italien et comprenant notamment les termes juridiques et leur contexte dans le droit italien.

samedi, octobre 1 2011

Nekulturny, ou le doigt sur la gâchette

J'ai mis dernièrement en ligne une série de photographies prises dans les collections d'art roman du musée national d'art de la Catalogne. Les descriptions des objets ne sont pas encore remplies (il faut que je relise mes photographies des panneaux de légende). Ces photographies sont clairement catégorisées comme de l'art roman.

Je reçois un avis m'informant que quelqu'un réclame la suppression de cette photographie d'un petit crucifix métallique pris dans une vitrine obscure, motif (je traduis et j'explicite les sigles) :

« Quel âge a cette sculpture ? Est-ce un usage valide de la liberté de panorama ? »

Expliquons. La personne qui réclame la suppression de cette photographie le fait en émettant l'hypothèse qu'elle est peut-être en infraction par rapport aux règles du droit d'auteur (en droit français, on parle de contrefaçon), car il n'est pas permis de reproduire librement une sculpture encore protégée par ce droit, qui perdure 70 ans après la mort de l'auteur. Elle s'interroge ensuite si toutefois cette reproduction serait licite au nom de la liberté de panorama, c'est-à-dire de la possibilité, ouverte dans certains pays européens mais pas la France, de reproduire librement des photographies de bâtiments, ou même de sculptures, visibles depuis la voie publique.

Dois-je plus commenter ?

Un site officiel bien conçu

J'ai mis sur Wikimedia Commons une série de photographies d'œuvres religieuses romanes exposées au Musée national d'art de la Catalogne, de Barcelone.

Point intéressant : le site de ce musée permet de rechercher une œuvre par son numéro d'inventaire ; or j'ai pris des photographies des descriptions des œuvres, y compris leur numéro d'inventaire. Nous pouvons donc faire des liens depuis Wikimedia Commons vers la description officielle de l'œuvre par le musée.

Je préfère largement cette politique ouverte à celle consistant à interdire les liens directs sauf autorisation (prétention d'ailleurs douteuse en droit), ou interdisant l'usage du moteur de recherche en dehors d'une session interactive. Le Web est un système ouvert, hétérogène, pas un Minitel 2.0...

lundi, septembre 12 2011

Faire autorité

Lors des discussions sur Wikipédia ou OpenStreetMap revient souvent cette accusation de « manque de fiabilité » : celui qui utilise ces sites ne sait pas si l'information qui y figure est correcte ou non, au rebours de sources d'informations plus respectables et qui « font autorité ». Ainsi, en ce qui concerne la cartographie, l'Institut géographique national (IGN) fait autorité...

J'aurais à ce propos deux petites anecdotes.

Récemment, nous randonnions en nous fiant à notre carte IGN, y compris la version la plus à jour prise sur une application (payante) de cartographie pour iPhone. Nous nous sommes aperçus que les sentiers que nous voulions prendre pour la redescente... n'existaient pas dans la réalité. Sans doute existaient-ils il y a quelques dizaines d'années, lorsque la carte avait été dressée... Nous avons donc dû faire un détour assez important, lequel nous a d'ailleurs amené à traverser un troupeau de vaches muni d'un taureau agressif, ce qui est toujours agréable, surtout quand on a une femme enceinte dans le groupe.

On m'objectera qu'il est difficile d'être exact sur les petits sentiers. Voici une autre anecdote. Pendant longtemps, la carte IGN à 1/25000e de la région de Monestier de Clermont (Trièves, sud de l'Isère) omettait... une autoroute (l'A51) et son viaduc, dont la construction s'est finie en 2007, après la dernière mise à jour. Même problème sur le Géoportail. Je leur ai signalé le bug en octobre 2010, je vois qu'il a depuis été corrigé.

Comme quoi, il faut se méfier de ce concept de la confiance absolue en une autorité. Un organisme, si sérieux soit-il, travaille avec des ressources limitées. Un auteur, si réputé soit-il, peut avoir des moments de faiblesse.

jeudi, août 25 2011

Un cas d'école

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samedi, août 6 2011

D'un sénateur l'autre

L'article sur la Wikipédia en français sur John Hoeven sénateur du Dakota du Nord, a eu 80 lecteurs au mois de juillet 2011, ce n'est pas si loin du lectorat (111) de la biographie de la sénatrice Renée Nicoux, qui est dépassée par la sénatrice du Minnesota Amy Klobuchar (147 lectures).

Qu'en penser ? Il me semble que ni Klobuchar ni Hoeven ne sont particulièrement connus en France et, je le soupçonne, dans les pays francophones ou au Québec (des sénateurs ou ex-sénateurs américains plus connus en France, comme Barbara Boxer, Al Franken ou Strom Thurmond, font dans les 200 lectures par jour). Peut-être que Wikipédia fournit une des rares biographies en français de ces personnes et qu'elles attirent donc tous les rares lecteurs qui s'intéressent à ces sujets ?

En tout cas, cela conforte mon impression que pas grand monde ne s'intéresse aux biographies Wikipédia des sénateurs français... sachant que dans les 80 lectures mensuelles, il y a les crawlers de Google etc., cela fait vraiment peu de vrais lecteurs ?

Les savants rémunérés

Le Nouvel Observateur évoque la baisse du nombre de contributeurs de Wikipédia. Deux points ont particulièrement attiré mon attention.

Les journalistes relèvent qu'un de leurs confrères leur a déclaré « Presque tout ce qui est écrit sur ma page Wikipedia est faux, ou disproportionné. Personne ne l'a jamais modifiée. » Cette affirmation ne comporte hélas pas le nom du confrère concerné, de sorte qu'elle est invérifiable ; essayons toutefois de raisonner.

La « maintenance » d'un article suppose qu'il y a une masse suffisante de lecteurs intéressés par le sujet. Or, pour la plupart des biographies, les seules personnes intéressées sont d'une part le sujet lui-même, ses amis, sa famille, ses collaborateurs, d'autre part ses ennemis. Les sources vérifiables manquent. Ce journaliste se plaint de ce que sa biographie n'a jamais été modifiée ; c'est bien un signe qu'elle n'intéresse pas grand monde.

Relevons également que la plainte concerne non seulement la fausseté des faits évoqués, mais leur disproportion, notion assez subjective, et qu'apparemment ce journaliste n'a pas envoyé de courriel de réclamation.

Le paragraphe final est également intéressant :

Les difficultés de Wikipedia annoncent-elles un retour en grâce de la bonne vieille collection de bibliothèque rédigée par des savants rémunérés ? Ce monde-là paraît bien englouti : Microsoft a mis fin à «Encarta», le «Grand dictionnaire encyclopédique» de Larousse n'est plus commercialisé depuis des lustres, et l'Encyclopædia Universalis ne s'adresse plus qu'à un public capable de débourser 3600 euros et de ranger ses trente volumes. Même le Quid a cessé de paraître. Même le Quid.

Quelques observations :

En tant que « savant », je crois pouvoir affirmer que la rémunération n'est pas la première motivation d'un universitaire qui rédige un ouvrage érudit. La plupart de ces ouvrages se vendent peu, et la rémunération des auteurs est plus symbolique que monétaire : c'est d'avoir leur nom sur la couverture, ou en bas de l'entrée encyclopédique.

Nous n'avons aucune preuve que les articles d'Encarta ou du Quid, non signés, étaient rédigés et mis à jour par des spécialistes.

Les encyclopédies papiers sont certes coûteuses et encombrantes, mais l'Universalis existe également en version en ligne, sur abonnement. Mes principales critiques à son égard sont les choix éditoriaux assez discutables (certains sujets importants sont évacués en un unique article de survol, la science des 40 dernières années, c'est-à-dire depuis les premières éditions d'Universalis, est parfois ignorée...) et une rédaction assez hétérogène, qui manque de liant entre les articles.

lundi, juillet 18 2011

Knuth : Wikipédia en épigraphe

Lu dans The Art of Computer Programming de Donald E. Knuth, volume 4A, Combinatorial Algorithms, Part 1, 2011, en tête du chapitre 7.1.4, une citation de Wikipédia, de l'article Binary Decision Diagram :

In popular usage, the term BDD almost always refers to Reduced Ordered Binary Decision Diagram (ROBDD in the literature, used when the ordering and reduction aspects need to be emphasized). — WIKIPEDIA, The Free Encyclopedia (7 July 2007)

lundi, mars 28 2011

Marianne2, Jacques Chirac et moi

Je suis tombé sur cet article de Marianne2 qui me créditait d'une photo de Jacques Chirac. C'était fort obligeant de leur part, sauf que la seule photo de M. Chirac que je me rappelle avoir réalisée était un 14 juillet, sur les Champs-Élysées, alors qu'il circulait dans une jeep découverte (et elle est un peu floue). Il y avait donc méprise.

J'ai averti Marianne2 de leur méprise. Leur réponse : mon nom était indiqué sur cette page. Effectivement, cette page indique que j'avais mis cette photo en ligne sur le site Wikimedia Commons, mais donnait comme crédit photo et conditions de réutilisation :

This image is a work of an employee of the Executive Office of the President of the United States, taken or made during the course of the person's official duties. As a work of the U.S. federal government, the image is in the public domain.

Autrement dit, il s'agissait du travail d'un photographe officiel des services de la présidence des États-Unis d'Amérique, donc d'un employé du gouvernement fédéral américain, à ce titre non protégé par le droit d'auteur.

Encore une fois, nous ne pouvons que nous réjouir que nos amis américains fassent le travail.

vendredi, mars 25 2011

Crédits photos

Après les médias qui « oublient » les crédits sur des photos prises sur Wikipédia, voire les attribuent à un « copyright AFP » ou « copyright Radio-France », voici les médias qui m'attribuent des photos à tort !

Sous la photo de Jacques Chirac présente ici, on trouve

(Wikimedia Commons - David.Monniaux - cc)

Soit j'ai vraiment mauvaise mémoire, soit je n'ai pas pris cette photo. Il me semble que la seule que j'aie prise de M. Chirac est celle-ci...

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