La vie est mal configurée

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Vote électronique

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mardi, mars 12 2013

À qui profite le crime

Il y a quelques années de cela, je fus entendu par le Forum des droits sur Internet au sujet des ordinateurs de vote. Mon intervention était centrée sur la norme technique que ces machines devaient respecter ; je m'étonnais notamment de voir si peu de choses sur la sécurité à assurer face aux malveillances, tandis qu'il y avait diverses précautions prises contre les panne (p.ex. en cas de chute de la machine).

J'exposai ensuite qu'en matière de sécurité informatique, il faut avoir un modèle de l'attaquant : bien évidemment, on ne protège pas un ordinateur de la même façon si l'intrus opère à distance (par exemple via un réseau sans fil) ou s'il peut ouvrir le boitier et intervenir dans la machine. Ceci amenait naturellement à poser la question de qui peut avoir intérêt à fausser les résultats ; je fis remarquer que ces machines sont sous la garde de collectivités locales dont les dirigeants ont intérêt à ce que tel résultat sorte plutôt qu'un autre. Comme on mettait en doute cette possibilité de fraude, je fis remarquer qu'à Paris, il y avait une célèbre affaire de faux électeurs, et que si l'on pouvait truquer les listes électorales, on pouvait être tenté de payer un technicien pour qu'il installât un autre logiciel dans la machine que celui prévu. Que n'avais-je pas dit !

On me fit sèchement remarquer qu'il n'y avait rien de prouvé, que je lisais trop le Canard Enchaîné, et que je devais m'en tenir à la pure technique. Sans doute mon interlocuteur était-il élu parisien de droite ? Rappelons qu'à l'époque, le fantasme journalistique, c'était le hacker qui pirate la machine depuis un local voisin... ce qui n'est pas, à mon avis, un procédé réaliste de fraude.

Jean et Xavière Tibéri viennent de voir confirmées en appel leur condamnation à la prison avec sursis pour l'affaire des faux électeurs.

vendredi, novembre 23 2012

La preuve par l'exemple

Il y a quelques années, j'avais été auditionné au sujet de la sûreté et de la sécurité de fonctionnement des ordinateurs de vote. N'ayant pas eu en main un de ces systèmes pour pouvoir l'expertiser, je m'étais tenu à une analyse du règlement technique gouvernant l'usage de ces machines. Lors de mon exposé, j'ai expliqué que toute discussion sur la sécurité informatique appelle une discussion des menaces auxquelles le système doit faire face, ou, ce qui revient au même, à quelles personnes et quels dispositifs on fait ou non confiance (par exemple, ce n'est pas pareil d'analyser la sécurité d'un ordinateur si l'on ne s'intéresse qu'à des attaques distantes par le réseau, ou si l'on permet à l'intrus de l'ouvrir et de récupérer le disque dur).

J'ai alors émis l'hypothèse que, peut-être, il fallait considérer la possibilité que d'éventuelles fraudes proviendraient non pas de « hackers » essayant, par exemple, de « pirater » ces engins à l'aide d'ondes radios (scénario à la War Games très populaire chez les journalistes), mais bien des services assurant la garde ou la maintenance des dites machines, surtout que celles-ci sont acquises et stockées par des collectivités locales dirigées par des élus qui ont, a priori, un intérêt à influencer le résultat. J'ai illustré mon propos par l'évocation des affaires de fraude aux listes électorales.

Je me suis alors fait proprement incendier ; on m'a dit que je montais en épingle des affaires pas encore jugées, que je lisais trop le Canard Enchaîné, etc., et qu'au final je ferais mieux de m'en tenir à la technique, ce pourquoi on m'avait fait venir. Très clairement, l'idée que les personnes ayant un intérêt à influencer le résultat d'une élection puissent vouloir le faire paraissait une horreur qu'il ne fallait surtout pas évoquer ; j'aurais sans doute eu plus de succès en parlant du danger posé par les « Anonymous ».

Un constat, maintenant : suite aux élections internes de l'UMP, des personnalités de ce parti s'accusent l'un l'autre de fraudes ou du moins de négligences importantes, et menacent de faire intervenir la justice. Ceci, je ne l'ai pas lu dans le Canard Enchaîné... Si les élus de ce parti ne se font pas confiance les uns aux autres pour organiser un scrutin interne, comment les citoyens seraient-ils censés leur faire confiance pour organiser un scrutin politique ?

Encore ne s'agit-il que d'une contestation sur des problèmes « low tech ». Imaginons qu'il y ait eu du vote électronique ; il y aurait en plus de tout cela des querelles d'experts, des révélations du type « un des actionnaires de l'entreprise qui a fourni le matériel est la belle-sœur de M. X, dirigeant dont les préférences pro-Y sont bien connues », etc.

mardi, novembre 6 2012

Et une polémique sur les machines de vote

Aux États-Unis, une vidéo montre une machine de vote électronique transformant un vote Obama en un vote Romney.

Bien entendu, une polémique s'ensuivra, surtout si Obama perd. On a déjà voulu argumenter que Romney (ou du moins sa famille et ses amis) possédait des parts dans des fabricants de machines de vote...

Ceux qui en France promeuvent les machines de vote devraient réfléchir à ce type de situation : une élection est contestée suite à des dysfonctionnements réels ou supposés, dont on ne connaît pas l'importance ; des liens économiques ou politiques sont relevés (le maire de la ville, qui gère les machines, est proche politiquement d'un des candidats, ou similaire) ; une dispute technico-juridique s'ensuit. Sachant que la confiance de la population dans les « experts » est sans cesse remise en cause (à tort ou à raison), on imagine le désordre et la confusion.

Imaginons-nous dans quelques années, une polémique qui enfle. On fait quoi ? On nomme une commission d'experts (pourquoi pas présidée par Gérard Berry) qui va produire un rapport du type « de toute façon on ne sait pas si on a changé le logiciel de la machine entre le vote et l'expertise » ? Ou si elle conclut à l'absence de fraude, gageons qu'on examinera à la loupe la vie professionnelle et privée de chacun des participants, à la recherche d'un lien politique ou économique... Et de toute façon on ne lui fera pas confiance.

PS Encore de la polémique.

samedi, février 4 2012

Les prépas

Un article du Monde dénonce le système « brutal » des prépas. Personnellement, je n'ai pas été traumatisé, je n'ai pas pris d'anti-dépresseurs, et je n'ai absolument rien ressenti du drame que dénoncent les personnes interrogées.

Deux points :

  • La prépa en elle-même ne m'a pas traumatisé, mais les concours, notamment l'oral de l'X, m'ont laissé un mauvais souvenir. Pendant des années j'ai gardé l'angoisse de sécher au tableau, notamment de « sécher » au tableau devant les étudiants (l'esprit devient vide et on est incapable de dire quoi que ce soit d'intelligent).
  • J'ai eu une période de glandouille à l'entrée à l'ENS de Lyon, par contre-coup.

PS Cet article continue sur le même sujet... et encore une fois, se focalise sur les prépas littéraires, qui ne constituent qu'une minorité. On me murmure dans mon oreille : 8...

jeudi, août 25 2011

Pourquoi je ne veux pas des ordinateurs de vote

Les élections se rapprochent et, avec elles, l'utilisateur d'ordinateurs censés comptabiliser les votes.

Comme je l'ai plusieurs fois exprimé tant sur ce blog que par voie de presse, je suis hostile à l'utilisation de ces dispositifs, car ils ajoutent au processus de vote des possibilités de truquage technologique et surtout empêchent le simple citoyen de se rendre compte par lui-même du bon fonctionnement du décompte. Même si l'on disposait d'ordinateurs de vote jugés sûrs par les spécialistes, ces derniers auraient le plus grand mal à convaincre le citoyen de base de cette fiabilité, ouvrant la porte aux théories du complot. Il suffit de constater qu'un grand nombre de personnes croient en la théorie de l'incompétence et/ou de la malhonnêteté généralisée des climatologues ! Dans un pays où l'on accuse périodiquement le gouvernement de truquer les chiffres de l'inflation, du chômage et du déficit, nous nous passerions bien de querelles technico-juridiques sur des résultats contestés d'élections...

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