samedi, mai 12 2012
Jérôme Bosch est-il un primitif flamand ?
Par David Monniaux le samedi, mai 12 2012, 11:47 - Wikipédia
jeudi, mai 10 2012
Quelques remarques sur l'écriture d'articles scientifiques
Par David Monniaux le jeudi, mai 10 2012, 12:59 - Recherche scientifique
Je rappelle à toutes fins utiles que c'est aux auteurs d'articles scientifiques de s'expliquer clairement — le lecteur, et encore moins le relecteur avant publication, ne devrait pas à avoir à combler les trous des définitions et les sauts de raisonnement (ou, du moins, seulement dans la mesure où trop détailler nuirait à la compréhension générale).
Ainsi, en informatique, quand un article parle d'un algorithme, il devrait être clair quelles sont ses entrées, ses sorties, et son fonctionnement.
Par ailleurs, les notations très abstraites, surchargées (le même f utilisé pour une fonction X→Y et une fonction X'→Y, etc.) sans le moindre exemple ni la moindre intuition ne sont pas un signe de profondeur mathématique.
N'oubliez pas : un relecteur énervé est déjà à mi-chemin du rapport de réjection.
Téléchargement automatique
Par David Monniaux le jeudi, mai 10 2012, 11:05 - Réseau
Certains s'émeuvent qu'un juge de l'état de New-York considère que la simple visualisation, sans impression ni sauvegarde, d'images pédopornographiques ne soit pas un délit en l'état actuel de la loi. N'étant pas juriste et encore moins connaisseur de la loi de l'état de New-York, je contenterai de la question suivante, qui me semble de première importance.
En l'espèce, l'accusation était basée sur la présence d'images pédopornographiques dans le cache du navigateur du prévenu. Je ne suis pas un expert en navigateurs, mais il me semble techniquement possible de réaliser une page Web à l'allure tout à fait innocente, mais qui fait télécharger par le navigateur des images pédopornographiques sans que celles-ci ne soient affichées (par exemple par du Javascript, ou encore à l'aide d'affichages en 1×1 pixels). Il semble donc techniquement possible de faire une très mauvaise farce à un utilisateur : lui envoyer une page qui fera que son navigateur va ramener des images illicites (au besoin, ces images seront hébergées sur un serveur temporaire et accessible uniquement depuis le navigateur de la personne visée), puis rapporter son adresse IP aux autorités...
Mes lecteurs corrigeront au besoin mes doutes techniques.
Arithmétique salariale
Par David Monniaux le jeudi, mai 10 2012, 10:56 - Société
Croyant ouvrir Easychair, j'ai cliqué sur le mauvais bouton et ai ouvert Twitter, notamment :
« Me faites pas rire avec la baisse "exemplaire" de salaire 30% de Hollande! Sarkozy s'était augmenté de 140% ! Manquent donc 110%. »
Voyons. +140% suivi de -30%, cela veut dire multiplier par 2.40 puis multiplier par 0.7, soit au final multiplier par 1.68, soit une augmentation finale de +68%. Encore une démonstration que conspuer les socio-traîtres n'implique pas de savoir appliquer des mathématiques niveau collège (ceci dit je ne suis pas très sûr des programmes actuels).
À la décharge de cette personne, le fond de l'affaire (il subsiste une augmentation substantielle). Il manque cependant à cette argumentation des éléments de comparaison : par exemple, la nouvelle paye du président est-elle substantiellement supérieure à celle d'un parlementaire ?
Rappelons-nous les moqueries contre Jean-Luc Mélenchon : qu'y a-t-il d'étonnant qu'une personne payée à son niveau (député européen, donc dans les 6200€ net par mois) et qui veut travailler dans le train (et non écouter le baladeur du jeune sourdingue, les bébés etc.) voyage en première classe ?
mercredi, mai 9 2012
Pronostic pifométrique sur les ministres
Par David Monniaux le mercredi, mai 9 2012, 11:20 - Société
Mon pronostic :
- André Vallini à la justice (Éva Joly est probablement jugée trop incontrôlable)
- Patrick Bloche à la culture
- Michel Destot à l'enseignement supérieur (quoiqu'il préfère sans doute rester maire de Grenoble), ou plus probablement Vincent Peillon
- Najat Vallaud-Belkacem quelque part sans trop de responsabilité (style jeunesse & sports)
J'aurais bien vu Fleur Pellerin au numérique, mais il me semble qu'elle a un profil très « techno » et pas politique.
vendredi, mai 4 2012
Rien compris à la droite
Par David Monniaux le vendredi, mai 4 2012, 20:10 - Société
On dit parfois que la droite française (UMP et satellites : Nouveau centre, radicaux valoisiens, etc.) et le président Nicolas Sarkozy défendraient les valeurs du christianisme et du libéralisme. Je ne comprends pas bien pourquoi.
Prenons tout d'abord le christianisme. Il me semble que le Christ prônait la modestie, la générosité, la compassion (notamment envers les pauvres et les vagabonds), la méfiance envers les richesses terrestres et repoussait les « marchands du temple ». Il me semble également que la présidence de Nicolas Sarkozy se basait sur d'autres principes. Nous pourrions également nous interroger sur la vie personnelle de M. Sarkozy, qu'il étalait complaisamment, et sur sa conformité à ce commandement :
Tu ne convoiteras point la maison de ton prochain ; tu ne convoiteras point la femme de ton prochain, ni son serviteur, ni sa servante, ni son bœuf, ni son âne, ni aucune chose qui appartienne à ton prochain.
Quant au libéralisme, il est vrai que la droite française tend à prendre des mesures d'inspiration libérale en ce qui concerne le droit du travail. Cependant, ce libéralisme est à géométrie variable : ainsi, il est bien plus prudent quand il s'agit de réformer les professions qui jouissent de rentes de situation, et absent lorsqu'il s'agit des subventions et marchés garantis pour les grands groupes industriels, ou encore les nominations à la tête de ceux-ci (rappelons-nous les interrogations sur l'éventuelle nomination de M. Borloo). Rappelons également que le principal journal de droite, le Figaro, appartient à un sénateur UMP qui est également à la tête d'un avionneur jouissant depuis des décennies de l'exclusivité de la commande de certains matériels (avions de chasse). Non seulement l'État achète forcément ses matériels, mais ses plus hautes autorités doivent se comporter pour eux en VRP auprès des autres pays du monde, qu'ils soient ou non recommandables. On est dans ce que certains qualifient de « capitalisme de connivence ».
Bref, plutôt qu'une politique libérale et proche des valeurs chrétiennes, je vois plutôt une politique assez ad hoc et sans cohérence sinon celle de l'expédient politique.
mercredi, mai 2 2012
Enquête ELVIRE
Par David Monniaux le mercredi, mai 2 2012, 09:52 - Recherche scientifique
Il y a quelques années, l'INED a mené une enquête nommée ELVIRE sur l'usage des langues vivantes dans la recherche.
Le site indique : « Les premiers résultats de l'enquête Elvire seront disponibles en 2009. »
mardi, mai 1 2012
La dévalorisation de l'enseignement universitaire
Par David Monniaux le mardi, mai 1 2012, 14:47 - Enseignement
Lisez cette tribune...
En résumé : à l'exception de certaines disciplines particulières (médecine), les licences universitaires se voient assignées par le gouvernement le rôle de parking pour ex-lycéens, y compris ceux qui savent à peine lire, écrire et compter et en sortiront sans tirer grand chose de leur formation ni avoir un diplôme qui leur permettra de trouver un emploi. Le gouvernement de droite et le « syndicat étudiant » UNEF NdDM: rappelons que les élections ... sont sur ce point des alliés objectifs : il s'agit de donner à moindres frais la licence à une grande proportion des inscrits, et ce indépendamment de leur niveau réel. Malgré les prétentions à l'autonomie des universités, on corsètera donc celles-ci au niveau des choix d'enseignement et d'évaluation, et on imposera donc aux enseignants du supérieur des règles de fonctionnement maximisant le nombre de diplômés. Ce choix politique n'est aucunement facteur de démocratisation de l'enseignement supérieur : les parents qui savent ce qui est bon pour leur progéniture les envoient vers les formations sélectives et notamment les grandes écoles.
Peut-être le trait est-il forcé... mais il y a sans doute quelque chose de vrai là-dedans. Par exemple, est-il bien raisonnable de donner un M1 maths/info à un étudiant dont le niveau en maths n'attend pas celui d'un élève de maths sup et qui sait à peine programmer ? Est-il raisonnable de faire venir dans des formations des étudiants étrangers qui n'en ont pas les prérequis (ce qui n'est d'ailleurs pas de leur faute), ou qui ont des difficultés de langue qui les empêchent de suivre les cours ?
Suis-je réactionnaire si je dis que tout cours se base sur des prérequis et que l'on ne peut éternellement recommencer les fondamentaux ? Si je dis que tout enseignement suppose un minimum d'attention et de travail par les étudiants ?
PS Vous pouvez réagir en me disant que je suis réactionnaire, élitiste, etc. :-) En résumé, ma position : il y a en France un fétichisme de la formation initiale, qui veut qu'il faut qu'elle soit longue, et ce indépendamment des goûts des étudiants, de leurs aptitudes et des besoins en emploi ; derrière tout cela il y a un dégoût culturel pour la formation professionnalisante ou « appliquée » (ou, pire, le travail manuel).
Oubli rapide
Par David Monniaux le mardi, mai 1 2012, 12:11 - Enseignement
Depuis que je suis dans l'enseignement supérieur, j'assiste assez fréquemment à des dialogues du type :
enseignant : Mais ça, vous l'avez vu <en taupe|dans un cours obligatoire précédent>, non ?
étudiant, le regard un peu dans le vague : Ah oui... Mais c'était il y a longtemps, il y a 6 mois voire 1 an !
Quand je suis motivé, je réponds parfois : « Dites, moi j'ai vu cela pour la dernière fois en 1994 / en 1999 . »
lundi, avril 30 2012
Un film à propos du problème P vs NP
Par David Monniaux le lundi, avril 30 2012, 18:06 - Recherche scientifique
Mes lecteurs réguliers savent mon attachement au problème P vs NP. Précisons au passage que dans ma recherche, je n'essaye nullement de m'attaquer à celui-ci, le laissant à des gens bien plus intelligent et obstinés que moi et dont c'est ma spécialité ; je me contente parfois de prouver que tel ou tel problème a tel ou tel degré de complexité (p.ex. dans la hiérarchie arithmétique). Toujours est-il que j'enseigne un peu de complexité et que je lis un peu sur le sujet.
Je suis assez surpris et heureux d'apprendre que sortira prochainement un film nommé Traveling salesman' (dont je suppose qu'il sortira en France sous le nom de Le voyageur de commerce''), dont le scénario serait le suivant : quatre mathématiciens de haut niveau trouvent un algorithme de complexité polynomiale pour le problème du voyageur de commerce (on pense généralement que c'est impossible, mais on a échoué à le démontré depuis 40 ans que le problème a été posé), ce qui veut dire que P=NP. Le gouvernement américain cherche à acheter cet algorithme et à exiger leur secret. Que feront-ils ?
Précisons qu'un algorithme efficace pour résoudre des problèmes NP comme SAT ou la factorisation d'entiers pourrait servir à casser les principaux systèmes de chiffrement de communications. On mesure l'intérêt pour un gouvernement de posséder un tel secret.
Plus d'information sur ce sujet :
dimanche, avril 29 2012
Théorie de la conspiration sur le rap
Par David Monniaux le dimanche, avril 29 2012, 15:35 - Société
Lisez ceci.
(En résumé : les groupes financiers qui investissent dans les industries du divertissement musical investissent également beaucoup dans les prisons privées américaines et ont donc intérêt à maintenir un niveau élevé de criminalité, notamment liée aux drogues ; ils ont donc donné des instructions pour que l'on promeuve du « gansta rap », glorifiant la vie facile (les grosses voitures, les bijoux...), les armes à feu, la délinquance et la drogue, notamment lors d'une réunion qui se serait tenue sous accord de confidentialité à Los Angeles en 1991.)
Cela fait très « protocoles des Sages de Sion » ou encore « complot de l'ampoule électrique » et je n'attache pas une grande importance à ce courrier anonyme. On peine à croire que des représentants de tous les financiers concernés puissent s'entendre et rassembler des cadres de toute l'industrie dans une réunion, que personne n'en parle (sauf un anonyme vingt ans après), et qu'ensuite la mise en œuvre du plan évoqué ne fasse pas jaser. Je ne connais pas non plus suffisamment le rap pour savoir si sa chronologie est cohérente.
Quelques remarques cependant :
- Les industries des prisons, de la surveillance, des matériels de maintien de l'ordre, de la sécurité privée ont effectivement intérêt à une délinquance élevée. Ceci devrait nous faire réfléchir, car on sait bien que toute industrie tend d'une part à faire pression sur les pouvoirs publics afin d'élargir son marché et maintenir ses positions (voir les industries des alcools opposées aux limitations de publicité, ou encore le laboratoire Servier...), d'autre part à susciter chez la population des comportements, des attitudes, propices à son activité (voir publicités pour les cigarettes aux États-Unis dans les années 1950, les associant à des attributs positifs).
- Ce n'est pas parce qu'un fait n'est pas prouvable qu'il est faux. Il y a quantité d'actions dont nous sommes témoins dans la vie courante et que nous serions bien incapables de prouver... et parfois nous constatons dans notre vie professionnelle des comportements éthiquement douteux, sans pourtant avoir des preuves opposables de ceux-ci.
Un curieux déséquilibre dans les critiques
Par David Monniaux le dimanche, avril 29 2012, 09:56 - Recherche scientifique
(Attention, billet un peu corporatiste, mais je pense avec du vrai contenu factuel.)
J'entends fréquemment des critiques, surtout à droite de l'échiquier politique, contre le système français de recherche : sa faiblesse serait que, contrairement aux États-Unis, une partie importante de la recherche aurait lieu dans des organismes de recherche tels que le CNRS, et non dans les universités. Qu'importe que les équipes CNRS soient très souvent implantées dans les universités, qu'elles renforcent ; qu'importe que les enseignants-chercheurs universitaires n'aient pas le temps de faire de la recherche, car lourdement chargés de cours et surtout de gestion administrative. Il s'agit d'expliquer qu'il faut supprimer le CNRS.
Curieusement, personne ne parle de supprimer le CEA. Celui-ci a depuis longtemps dépassé le champ de l'énergie nucléaire, et même des énergies alternatives : il fait également, par exemple, de la biologie et de l'informatique. De fait, il se comporte comme une sorte de centre national de la recherche scientifique & technologique, avec un positionnement plus « transfert industriel » que le CNRS.
À ma connaissance :
- Ses chercheurs sont mieux payés que les chercheurs CNRS et les enseignants-chercheurs (d'accord, ces derniers sont fonctionnaires et les chercheurs CEA contractuels de droit public, mais avez-vous déjà vu un chercheur CEA se faire renvoyer ?).
- Il a d'important frais de structure en raison notamment d'une hiérarchie et d'une bureaucratie pléthoriques.
- Il se dit « auto-financé » mais une bonne partie de cet « auto-financement » provient de projets financés par l'Agence nationale de la recherche ou l'Union européenne, autrement dit il s'agit d'argent public.
C'est exactement le modèle d'une recherche bureaucratique, coûteuse et déconnectée des universités que certains politiciens dénoncent quand ils parlent du CNRS. Pourquoi ne parlent-ils jamais du CEA ?
J'ai une petite théorie au sujet de l'hostilité anti-CNRS : outre un vieux fond poujadiste, anti-intellectuels et anti-fonctionnaires, elle pourrait être motivée par l'existence de chercheurs en sciences sociales intervenant dans les médias notamment pour contredire les affirmations factuelles de certains politiciens sur les sujets sociaux. Ceci expliquerait que l'on parle plus du CNRS que de l'INSERM, INRIA, INRA, IRD, etc., dont les chercheurs s'occupent en général d'activités plus « techniques ».
NB Dans ce billet, je ne prône nullement la suppression du CEA, je m'interroge simplement sur les raisons pour lesquelles certains critiquent certains instituts et jamais d'autres.
samedi, avril 28 2012
Public proche, public lointain ?
Par David Monniaux le samedi, avril 28 2012, 08:05 - Enseignement
J'ai donné avant-hier un cours-conférence d'introduction à la calculabilité qui, outre un public de 40 personnes, était filmé (ce qui m'a donné l'occasion d'utiliser un ridicule micro-oreillette).
Devais-je m'adresser au téléspectateur-internaute ou au public situé devant moi ? J'ai fait le second choix, avec un cours plutôt interactif, avec des développements spontanés en réponse à des membres du public. Je suppose que, pour le téléspectateur, qui ne verra pas les membres du public, leurs expressions de perplexité ou de compréhension, d'improbation ou d'approbation, cela pourra paraître un peu décousu par moments. Cette anecdote pose plus généralement la question des publics hétérogènes auxquels s'adresse une communication publique.
Ma conférence s'adressait à des professeurs en classes préparatoires (maths sup, maths spé), aussi je l'ai axée en supposant connues les mathématiques qui y sont enseignées et qui sont exigibles à l'agrégation. Elle sera donc potentiellement incompréhensible pour ceux qui n'auraient pas de M1 ou d'agrégation de mathématiques, alors que j'aurais pu aborder mon sujet avec moins de prérequis ; mais je n'aurais peut-être pas accroché le public en face de moi. Si je devais faire le même cours à destination de philosophes, par exemple, je ne parlerais pas de polynômes et de Nullstellensatz et j'essaierais de les accrocher en citant des personnalités de leur discipline (même si j'aurais peut-être tendance à citer des philosophes « analytiques »).
Tout enseignement se base sur des prérequis. On oublie trop souvent cela...
jeudi, avril 26 2012
Noyage de poisson
Par David Monniaux le jeudi, avril 26 2012, 21:53 - Société
Il m'arrive parfois d'assister à des réunions professionnelles où l'on parle de tout sauf du gros sujet qui fâche. Quel plaisir que de discuter de dépenses de 500€/an alors qu'on ne discutera surtout pas du budget de 80000€ ! C'est ce que les anglophones appellent « refuser de parler de l'éléphant dans la maison ».
La campagne électorale (à l'exception notamment des interventions de F. Bayrou) me donne la fâcheuse impression de relever du même phénomène. Le couple d'éléphants : le déficit et le chômage chroniques depuis une bonne trentaine d'années, sous les gouvernements de gauche comme de droite. Au lieu de parler sérieusement à leur sujet (réformes fiscales, réformes du fonctionnement de la protection sociale, fonctionnement du marché du travail, et même plus profondément fonctionnement général de l'économie etc.), on parle de sujets secondaires :
- Contraception chez les adolescentes, avortement, euthanasie, bioéthique et autres obsessions de la droite catholique
- Taux marginal d'imposition, qui comme l'impôt de solidarité sur la fortune ne changerait pas grand chose aux finances de l'État
- Permis de conduire (comme encore récemment on parlait de radars de contrôle de vitesse)
- Viande halal
- Faits divers
- Les fameux faux chômeurs et fraudeurs (même si on avait 20% de fraudeurs chez les chômeurs, leur suppression ne résorberait pas les déficits).
Je qualifie ces sujets de secondaires tout simplement parce que si nous arrivons à une situation à la grecque ou du moins à l'espagnole, il y aura des souffrances qui les feront largement oublier.
Merci de nous prendre pour des imbéciles. On croirait des médecins qui s'occuperaient en détail d'une verrue plantaire chez un patient sur le point de décéder d'un infarctus.
Parallèlement, nous nous promettons des avenirs qui chantent, avec une énième réforme de l'enseignement secondaire qui vide encore plus celui-ci de son contenu. Ce n'est pas en formant des jeunes imemployables et inaptes à suivre dans l'enseignement supérieur que l'on se sortira des problèmes précédents.
mardi, avril 24 2012
Je ne suis pas un vrai travailleur
Par David Monniaux le mardi, avril 24 2012, 08:09 - Société
J'apprends d'après MM. Sarkozy et Le Maire que je ne suis pas un « vrai travailleur » :
"Le 1er mai, nous allons organiser la fête du travail, mais la fête du vrai travail, de ceux qui travaillent dur, de ceux qui sont exposés, qui souffrent, et qui ne veulent plus que quand on ne travaille pas on puisse gagner plus que quand on travaille"
Je ne suis guère exposé et je ne souffre pas, si ce n'est d'insomnies (d'après la médecine du travail CNRS, une partie du personnel chercheur est stressé à cause des deadlines, mais c'est sans commune mesure avec le stress des travailleurs précaires).
Ceci dit, ni MM. Sarkozy ni M. Le Maire ne sont de vrais travailleurs, selon ces mêmes critères :ils sont bien rémunérés, et même renvoyés dans les urnes, ils trouveront d'autres emplois bien rémunérés. Ils ne souffrent clairement pas de leur emploi.
M. Le Maire explicite :
le vrai travail, ça veut dire les gens qui prennent leur voiture le matin pour se rendre dans leurs entreprises, leurs usines, leurs exploitations
Je prends un tramway pour me rendre dans un établissement public.
Non, décidément, je ne travaille pas vraiment.
lundi, avril 23 2012
Le jugement majoritaire
Par David Monniaux le lundi, avril 23 2012, 22:14 - Société
Dans le numéro d'avril 2002 de Pour la Science paraissait un dossier sur l'analyse mathématique des systèmes de vote et de découpage des circonscriptions électorales avec plusieurs articles de mon émérite collègue Michel Balinski. Dans son numéro d'avril 2012, la même revue publiait un article du même auteur et de notre collègue Rida Laraki, exposant une méthode de scrutin nouvelle, le jugement majoritaire.
Les bac+5 au chômage
Par David Monniaux le lundi, avril 23 2012, 19:11 - Société
J'entends souvent parler de la crise qui n'épargnerait pas des « bac+5 » qui seraient au chômage, ou obligés de faire des petits boulots ou occupant des emplois pour lesquels ils sont « surqualifiés ».
Par comparaison : j'ai vu plusieurs étudiants en thèse d'informatique arrêter celle-ci, ou dépasser la durée de leur financement pour celle-ci et donc devoir chercher un emploi. Ils semblent tous avoir trouvé un emploi dans le mois suivant la fin de leur allocation de thèse, et ce sans même avoir à déménager.
Ce phénomène joue aussi sur la difficulté de recruter des doctorants : pourquoi passer 3 ans, voire 4, à chercher à obtenir un doctorat en étant payé bien moins que si on travaillait dans l'industrie qui nous ouvre grand les bras ?
J'aimerais donc savoir quelles études ont fait ces fameux bac+5 qui cherchent désespérément un emploi.
samedi, avril 21 2012
La distinction
Par David Monniaux le samedi, avril 21 2012, 14:22 - Société
En cette saison électorale, quelques petites réflexions sur la culture, en écho notamment au billet de Janine sur « la distinction », lui même faisant référence à l'œuvre de Pierre Bourdieu.
Sur la rémunération forfaitaire
Par David Monniaux le samedi, avril 21 2012, 11:35 - Société
vendredi, avril 20 2012
Une petite remarque sur la publication des sondages
Par David Monniaux le vendredi, avril 20 2012, 14:48 - Société
Comme d'habitude depuis quinze ans, certains s'offusquent de ce que des résultats de sondage seraient diffusés via Internet avant la clôture du scrutin à 20 h.
Comme d'habitude, le danger est réputé venir d'Internet. Rappelons cependant que, depuis au moins une trentaine d'années, les français résidant près des frontières pouvaient tout simplement consulter ces résultats sur les chaînes de TV des pays limitrophes. Quand je dis « près des frontières », j'ai d'ailleurs une vision très large : part exemple, on capte la télévision suisse romande et les télévisions allemandes à Dijon, qui n'est pas franchement une ville frontalière...
Rappelons également qu'il y a des chaînes câblées ou satellite étrangères accessibles de tout le territoire.
Voici donc le français vu par certains : parisien et/ou ne pratiquant aucune langue étrangère ?
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