La vie est mal configurée

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dimanche, juillet 13 2014

Crabes

Ces dernières années, plusieurs de mes collègues sont décédés du cancer. Étonnant, non ?

PS Et un autre ne peut pas présenter son propre article parce qu'il suit une chimiothérapie.

samedi, juillet 12 2014

Les jeter à la poubelle

Dans son numéro du 11 juillet 2014, l'International New York Times explique comment l'archipel norvégien du Svalbard, au statut particulier fixé par traités internationaux, n'a presque pas de délinquance : n'y sont admis que ceux qui travaillent (ou peuvent démontrer qu'ils peuvent subvenir à leurs besoins), les chômeurs et autres personnes dépendant de l'aide publique en sont expulsés. Quelques remarques s'imposent.

La délinquance considérée par les auteurs de l'articles semble être quelque peu restreinte (bagarres, vols, agressions crapuleuses) : on ne parle ni de délinquance « en col blanc », ni de violences domestiques ou sexuelles. De fait, il est en effet probable que des personnes qui travaillent et sont suffisamment bien rémunérées n'ont aucun avantage à agresser des quidams dans la rue pour leur piquer leur portefeuille ou leur iPhone, qui plus est dans une ville (Longyearbyen) dont on ne peut guère s'enfuir facilement.

L'article semble dire que les théories d'Ayn Rand ont du bon et qu'en quelque sorte, il suffit de ne pas avoir de chômeurs et autres « assistés » pour ne plus avoir de délinquance... mais il s'agit ici de les renvoyer dans leur pays d'origine, par exemple le reste de la Norvège, ce qui est une stratégie applicable par un très petit territoire mais qui ne passe pas à l'échelle. C'est un fonctionnement semblable à celui des paradis fiscaux, ou des petits territoires à fiscalité locale basse mais dont le petit personnel habite ailleurs.

On aurait aimé que l'auteur de l'article pose au moins la question : dans le cas d'un pays qui n'a pas la possibilité d'expulser ses chômeurs, inadaptés, handicapés etc., que faudrait-il pour appliquer la méthode Svalbard ? Les jeter à la poubelle ?

vendredi, juillet 11 2014

Le Canard Enchaîné joue les prudes

Dans son numéro du 9 juillet 2014, page 4, le Canard Enchaîné évoque divers errements du patron de la fédération PS du Gard : par exemple, le recours aux services d'entreprises dont des membres de sa famille sont actionnaires. Cependant, ce qui est mis en exergue, et qui fait le plus se moquer le volatile, c'est que ce monsieur gère un sex-shop en ligne — c'est d'ailleurs ce qui a été retenu pour l'accroche publiée en « une » du journal.

Un sex-shop ! Quel scandale, en France, en 2014 !

Ceci n'est pas sans rappeler comment certains ironisaient sur le fait que Xavier Niel, le patron de Free, avait jadis travaillé dans le « Minitel rose », et que Jimmy Wales, co-fondateur de Wikipédia, avait travaillé pour une entreprise diffusant du porno-soft... comme s'il s'agissait de commerces honteux. En effet, quelle honte que de vendre aux gens de quoi s'amuser sans nuire aux autres !

Le Canard Enchaîné aime brocarder les dignitaires religieux et leur propension à vouloir régenter les mœurs des populations, y compris celles ne partageant pas leur foi. Il n'en reste pas moins qu'il a lui-même des réflexes de bon beauf franchouillard. On tolère les sex toys comme naguère on tolérait les homosexuels : en se réservant le droit de rires bien gras.

Reporting blues

Guerre psychologique : le directeur du laboratoire m'indique que j'ai laissé des « à paraître » dans la bibliographie officielle pour des articles parus en 2011, je lui répond que le logo d'une des tutelles en page de garde est moche (pixelisé et sur fond gris) alors que nous avons un beau logo vectoriel officiel à disposition.

Le rapport AERES HCERES AERES-zombie, ce drame du quotidien.

Djender issues

Avec l'âge, il arrive que les gens finissent par croire que l'on est de bon conseil. C'est ainsi qu'un doctorant (pas un des miens) est venu me voir en me demandant si, au sujet d'une chercheuse qui écrit un rapport sur une thèse, on parle de « rapporteur » ou de « rapporteure ».

J'ai suggéré « rapporteuse », qui a l'inconvénient (mais comme « rapporteur », d'ailleur) d'une connotation péjorative d'école primaire, puis ai botté en touche en proposant de demander à l'intéressée, sachant que certaines collègues veulent être appelées « maître de conférence » et d'autres « maîtresse de conférence ».

Les vrais maîtres Jedi ne répondent pas aux questions : ils les dévient.

(Au moins est-ce une question plus originale que celles que me valent ma grande expérience administrative : « comment envoyer en conférence fin septembre une doctorante recrutée au 1er octobre », « comment faire rapporter une thèse par une maître(sse) de conférence non habilitée à diriger les recherches », « comment faire rapporter une habilitation à diriger les recherches par un industriel non habilité à diriger les recherches », « comment acheter du matériel informatique hors marché public », etc.)

L'agrégation de mathématiques

J'en avais entendu parler par des amis, c'est maintenant sorti dans la presse : le jury de l'agrégation de mathématiques n'a pourvu que 275 postes pour 395 ouverts.

On m'a dit que, parmi les candidats, il n'y en avait qu'environ 300 qui savaient refaire des démonstrations simples d'algèbre linéaire de base, comme dim(A+B) = dim(A) + dim(B) - dim(A ∩ B) (précisons qu'il ne s'agit pas ici de se rappeler par cœur d'un point technique ou d'une astuce, mais de retrouver une démonstration correspondant à une intuition géométrique).

Il y a clairement une désaffection pour ce concours... mais l'explication de la présidente de la Société des Agrégés est surprenante :

« Cela peut notamment s’expliquer par la concurrence exercée par d’autres professions plus lucratives, comme la finance et la recherche », avance Blanche Lochmann, présidente de la Société des agrégés. La désaffection pour les sciences est également une piste, tout comme la féminisation de la profession, avance Mme Lochmann : cela dissuade peut-être les hommes, très nombreux dans les filières scientifiques.

Premièrement, la recherche n'est pas une profession spécialement lucrative. Financièrement, il vaut mieux être professeur de classe préparatoire aux grandes écoles, poste auquel on accède en étant très bien classé à l'agrégation, que maître de conférence voir professeur à l'université, ou chercheur au CNRS. La remarque est cependant vrai s'agissant de la finance (ce que l'on constate, par exemple, à l'ENSIMAG ou à l'École polytechnique).

Deuxièmement, en quoi la féminisation d'une profession devrait-elle être un repoussoir ? (Il est vrai que, les journalistes résumant parfois curieusement les entrevues et les positions de leurs interlocuteurs, les propos de Mme Lochmann ont pu être déformés.)

Les vrais repoussoirs ne sont-ils pas, outre les salaires peu élevés (hors prépa), la déconsidération sociale, l'insécurité au travail (allez enseigner en ZEP...), l'administration délirante ?

(Par ailleurs, on peut se demander à quoi sert encore l'agrégation. On envoie des agrégés enseigner en collège, voire en lycée professionnel (oui, je connais un cas) : ils sont surqualifiés scientifiquement (enfin, avec la baisse du niveau des candidats...) et pas forcément pédagogues. Vu ce que j'entends sur les programmes du lycée général, classes scientifiques comprises, ils sont également surqualifiés. De fait, de mon temps déjà (1999), les leçons présentées à l'oral de l'agrégation étaient du niveau maths sup, maths spé, licence ; et encore, celles de certains candidats auraient perdu la plupart des étudiants, hors grandes prépas parisiennes. Bref, le concours n'a aucun rapport avec l'enseignement secondaire normal.)

jeudi, juillet 10 2014

Exciting submission

Je reçois d'un grand éditeur international de revues scientifiques :

As you have one or more journal accounts in the Elsevier Editorial System (EES) - our online submission and peer review platform - we are writing to let you know about recent enhancements to EES that make it more secure , easier to access , and provide exciting new options for researchers.

Mon esprit pervers n'a pas encore atteint le niveau où il se sentirait « excité » par une plate-forme de « soumission », qui plus est celle d'Elsevier, éditeur qui ne se prive pas d'abuser des chercheurs scientifiques.

À ce point, je fantasme sur un autodafé de revues Elsevier sur la grand place du campus de Grenoble, devant la bibliothèque de sciences ; heureusement la météo l'interdit.

(Plus sérieusement, ce message illustre comment la « communication » en langue anglaise, y compris universitaire, s'est mise aux standards américains : toute nouvelle proposition est « exciting », etc.)

La Corée du Sud, pays à risque

Je suis membre du comité éditorial d'une conférence ayant lieu en Corée, et vais me rendre sur place notamment pour animer une session.

Le CNRS me demande de remplir un dossier de mission pour pays à risque, avec mention des personnes à prévenir en cas de problème, qui sera examiné par un service dirigé par un ancien général de l'Armée de l'Air.

Cela me donne un petit frisson : et si Kim Jong-un, lassé de skier, décidait d'attaquer Séoul ? Risqué-je de finir carbonisé ou dans un camp de redressement pour ennemis du Juche ? On me croyait professeur Tournesol, serais-je professeur Mortimer ?

(Un jour peut-être je raconterai ici comment je me suis évadé d'une ville andine tenue par des grévistes armés de dynamite à l'aide d'un petit avion.)

mercredi, juillet 9 2014

Fifty shades of LaTeX

Je vais écrire un roman où les protagonistes se livreront à des activités sadomasochistes comportant la rédaction de thèses, présentations, articles etc. avec des effets, des couleurs...

Je l'appelerai Fifty shades of LaTeX.

mardi, juillet 8 2014

Sur la durée des thèses : la question des exigences

J'entends des collègues ou des doctorants de diverses disciplines expliquer que, certes, la durée réglementaire des thèses est de 3 ans, mais que dans leur discipline, houla, c'est impossible de faire un travail de qualité en si peu de temps.

Ce que je constate, en informatique, dans mon voisinage, c'est qu'en 3 ans (+ 6 mois de master recherche), on a au mieux (sauf cas exceptionnels) le temps de comprendre un peu ce que l'on fait (sans forcément comprendre d'autres approches pourtant proches), et d'avoir programmé un outil pas trop robuste et qui passe des exemples sélectionnés (très loin d'un outil industriel). Je pense que c'est un peu court et qu'il faudrait 4 ans.

Si on se mettait à exiger une compréhension des tenants et aboutissants, et un outil robuste, peut-être faudrait-il 8 ans pour faire une thèse. Mais alors, on ne trouverait personne pour faire un doctorat.

Je me demande donc si le problème des disciplines qui se considèrent comme « spéciales » en raison de la « profondeur du travail » qui y serait nécessaire n'est pas tout simplement qu'elles exigent trop. Je soupçonne que, dans n'importe quelle discipline ou presque, si on exige un travail profond et un mémoire long qui fait le tour de la question et des sujets connexes, on dépasse les 3 ans (sauf peut-être en mathématiques : j'ai l'impression que certaines thèses sont du type « j'ai démontré ce truc vachement dur, voici la démonstration en 80 pages, affaire classée »).

La vraie exception me paraît être les disciplines où il y a des impondérables matériels. On me cite souvent la difficulté de l'accès aux archives historiques ou aux documents en bibliothèque ; mais il me semble qu'en sciences expérimentales, il y a divers impondérables (le matériel qui casse, les animaux qui ont un problème...), et c'est encore bien pire en sciences de terrain (où on a tout : les problèmes de transport, le matériel détruit par inconscience, malveillance ou animaux, les ennuis administratifs, les prestataires en retard...).

Vanitas

Lors d'une réunion professionnelle où était évoquée l'obligation dans certains programmes de financements européens de mettre en ligne les productions scientifiques en open access (le lecteur peut lire librement sans payer de droit d'accès ou d'abonnement), des chercheurs de sciences humaines et sociales se sont émus au motif qu'eux publient des livres et que les éditeurs refuseront que les ouvrages qu'ils publient soient ainsi diffusés en ligne (le raisonnement étant que les gens téléchargeront le PDF en ligne et n'achèteront pas l'ouvrage papier ou l'éventuelle version électronique payante).

Il y a beaucoup à réfléchir et à dire sur cette objection ; par exemple, s'interroger sur le rôle des éditeurs en sciences humaines et sociales, qui semblent jouer le rôle de prestige que les grandes revues jouent en physique ou en biologie, ou les grandes conférences en informatique, le même ouvrage ayant une perception positive si publié chez un éditeur réputé, moindre si diffusé en ligne ou publié chez cet éditeur parisien bien connu et portant le nom d'un vent africain. Je suis invité en octobre prochain à un séminaire sur la communication scientifique dans diverses disciplines, peut-être aurai-je alors des vues plus claires à ce sujet. J'aimerai cependant revenir ici sur la réflexion d'un collègue à la pause café.

Ce collègue, expert dans un sujet « bankable » dans les médias (le salafisme, la jeunesse dans le monde arabe), se félicitait de pouvoir publier de « vrais » ouvrages au motif, notamment, que cela permet une large diffusion et que cela fait plaisir quand la grand-mère de l'auteur voit l'ouvrage en vente dans les gares. Je suppose également qu'il pensait aux possibilités d'interventions (sur France Culture ou ailleurs) ouvertes quand le réseau de l'éditeur organise le battage autour de l'ouvrage (« mamie, je passe à la TV ! »).

Je n'ai alors pas pu m'empêcher de penser au début du roman d'Umberto Eco, le Pendule de Foucault, qui se déroule autour d'une maison d'édition à compte d'auteur, dont on explique que l'utilité consiste à permettre à des quidams de se vanter auprès de leur famille, amis et collègues d'être des « auteurs ».

On peut cependant se demander si le rôle de la puissance publique est de satisfaire ce genre de petites vanités, au détriment de la diffusion des connaissances. En effet, je ne suis pas convaincu que la publication d'ouvrages « grand public » par les éditeurs traditionnels tend à favoriser cette diffusion de façon pérenne :

  1. Ces ouvrages, une fois épuisés, sont rarement réédités. 10, 15 ans après, il est difficile de se les procurer, sauf à avoir accès à une bibliothèque universitaire. (La situation est peut-être différente avec les éditions électroniques.)
  2. Les éditeurs traditionnels répugnent aux notes de bas de page et références, censées déplaire au grand public. Or, des faits cités vaguement sans références précises n'ont guère de valeur (par exemple, l'ouvrage grand public de Barbara Cassin sur Google, qui lui a valu diverses invitations dans les médias, est en partie une compilation d'anecdotes invérifiables et sans sources).

Je déteste, quelques années après avoir lu un ouvrage, vouloir préciser un fait trouvé dedans, avoir du mal à retrouver le livre, devoir relire in extenso le texte papier, et m'apercevoir que le fait est peu précis et sans source...

Grand public ?

Je plaisantais régulièrement avec une lectrice : je disais que je n'avais pas voulu mettre une comparaison salace parce que mon blog est « familial », elle m'a répondu qu'il était plutôt axé bac+5.

Je pense cependant qu'en comparaison des blogs suivants, je suis grand public :

lundi, juillet 7 2014

Influence de la sociologie et de la philosophie des sciences sur les sciences et la communauté scientifique

Remarque liminaire : mon propos n'est ici pas de chercher des arguments faciles visant à décrédibiliser la philosophie et la sociologie des sciences, voire à leur prendre leurs maigres crédits, mais simplement de me renseigner.

Quelle a été l'influence de la sociologie et de la philosophie des sciences sur les sciences et la communauté scientifique ? Quels exemples citer ?

lundi, juin 16 2014

Défenseur des droits

Avec la proposition de Jacques Toubon, François Hollande montre encore une fois qu'il sait défendre cette minorité opprimée : les hommes blancs âgés anciens élèves de l'École nationale d'administration. (*)

(*) Au passage, remarquons que Jacques Toubon n'a pas pu s'opposer à la dépénalisation « de l'homosexualité » en 1981, comme cela a souvent été prétendu, tout simplement parce que ce qui a été dépénalisé, c'est les relations homosexuelles avec des mineurs d'au moins 15 ans (alignement sur l'âge pour les relations hétérosexuelles). Ceux qui ne me croiraient pas n'ont qu'à lire les débats parlementaires de l'époque, notamment les accrochages entre Robert Badinter et Jean Foyer.

Les marionnettistes des Guignols de l'Info sont « intermittents du spectacle »

On a beaucoup dit sur le régime des intermittents du spectacle. J'avais notamment retenu des précédents conflits que les télévisions employaient comme « intermittents » des personnels qui sont en fait des permanents — ce qui revient à faire subventionner une partie de leur paye par le régime des intermittents, donc par les assurés sociaux et employeurs des autres branches d'activité, ce régime étant déficitaire.

J'apprends que les marionnettistes des Guignols sont en grève pour défendre le statut d'intermittent. Est-il bien raisonnable que des personnels dans le cœur d'activité d'une émission régulière diffusée depuis plus de 25 ans soient considérés comme des intermittents ?

Pourquoi les autres branches d'activité devraient-elles subventionner les activités à succès d'une entreprise de télévision privée ?

dimanche, juin 15 2014

Poste à moustaches

Voici le plus bel exemple de « poste à moustache » qui m'ait été donné de voir. Au moins ont ils eu la décence de ne pas faire semblant de publier un poste « ouvert » et de faire venir des candidats pour un concours dont le résultat était décidé d'avance.

(Merci à celui qui me l'a signalé.)

Mais pourquoi finance-t-on encore ces trucs ?

On connaît les plaisanteries poujadistes sur la recherche scientifique (« des chercheurs qui cherchent, on en trouve, des chercheurs qui trouvent, on en cherche », « je connais un chercheur au CNRS, il m'a dit qu'il valait mieux qu'il ne trouve jamais, afin de conserver son travail »). Celles-ci ne posent guère de problème tant qu'elles émanent de crétins sans influence politique ; elles portent plus à conséquence quand elles sont partagées par de hauts responsables politiques.

Ce qui est assez amusant, c'est que — du moins à ce que j'ai observé depuis près de 20 ans — les chercheurs et futurs chercheurs eux-mêmes ne rechignent pas à expliquer que ce qui se fait dans d'autres domaines que le leur est sans intérêt, mobilise trop de postes, n'est pas de la science, est trop coûteux, ou ne vole pas très haut. Il est vrai que, souvent, il y a derrière ces affirmations une argumentation plus solide que celle des crétins et démagogues ; mais il est clair que certains ont leurs « têtes de Turcs ».

Pour prendre quelques exemples :

  • Vers 1997, des condisciple expliquaient que l'informatique, ce n'était pas de la science. J'ai entendu plus tard le même argument de la part d'autres personnes.
  • Chez les informaticiens, il y a ceux qui considèrent que la science c'est de prouver des théorèmes sur des modèles théoriques pas forcément en rapport avec un quelconque problème se posant vraiment (et donc, selon eux, la grande majorité de la discipline n'est pas de la science), et ceux qui considèrent que les premiers sont des mathématiciens qui jouent à se prétendre informaticiens (moins dur, plus de postes).
  • Vers 2000, un éminent collègue s'étonnait que l'on finançât encore de coûteuses recherches sur le sodium liquide, alors que la filière surgénérateur était arrêtée.
  • Plus récemment, une collègue racontait que lorsqu'elle passait son DEA elle avait des amies en lettres qui comptaient à la main des mots dans des corpus et d'une part s'étonnait que l'on considérât cela comme de la recherche, d'autre part ne semblait pas convaincue de l'intérêt de financer la chose (l'encadrant de l'étudiante est payé en partie pour sa recherche).

Et vous, qu'avez-vous constaté ?

vendredi, juin 13 2014

La convocation officielle

Lorsque l'on participe à un jury de thèse en France, on reçoit généralement par courrier papier une convocation officielle de la part du directement de l'établissement qui délivre le diplôme, peu avant la soutenance.

Cette convocation :

  • Arrive très tard dans le processus. À ce moment, il y a belle lurette que les créneaux horaires sont bloqués, que les billets de train ou d'avion, l'éventuelle chambre d'hôtel, ou la salle de visioconférence sont réservés.
  • N'est souvent pas très polie — ne pas oublier que les universitaires qui viennent participer à un jury le font pour rendre service, sans qu'ils en aient l'obligation, et alors que cela leur cause des tracas (déplacement).

Quelle est donc l'utilité de cette convocation ?

mardi, juin 10 2014

Brut ou net ?

Un article déplore la paupérisation des auteurs de BD. On y cite un auteur, Bastien Vivès :

Bastien Vivès, qui n'a pas encore signé la pétition car il n'est pas encore sûr de savoir quoi penser, expliquait à Bibliobs l'an dernier gagner entre 30.000 euros et 40.000 euros par an. «Mais sans compter les droits, avec simplement les albums, c'est juste 30.000 par an», précise-t-il à Slate.

Combien de fois faudra-t-il répéter qu'en France, cela n'a pas de sens de parler de rémunération sans préciser si elle est nette, ou s'il faut d'abord payer des cotisations sociales dessus ?

Contorsions de paginations

De la limitation de la longueur des articles scientifiques et des interventions en colloques.

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